L’économie belge a mieux résisté que prévu face au Covid

L'activité a baissé de 3,8% dans la construction en 2020. ©BELGAIMAGE

On a évité une contraction du PIB au quatrième trimestre 2020 (+0,2%), ce qui a permis de limiter la récession à 6,2% sur l’ensemble de l’année.

+0,2%
au 4ᵉ trimestre
Le PIB belge a progressé de 0,2% au quatrième trimestre, ce qui constitue une bonne surprise.

L’économie belge a progressé de 0,2% au quatrième trimestre 2020 par rapport au trimestre précédent, d’après une première estimation fournie par la Banque nationale (BNB).

Cette timide progression au quatrième trimestre fait suite au solide rebond de 11,6% enregistré au troisième trimestre, lorsque l’économie a pu tirer profit du déconfinement. Le deuxième trimestre, marqué par le premier confinement, avait vu l’économie plonger de 11,8%.

À un an d’écart, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre est restée négative (-4,8%). Sur l’ensemble de l’année 2020, le PIB s’est contracté de 6,2%. C’est un repli trois fois plus important que celui qu’il avait accusé pendant la récession de 2009 (-2,0%), lors de la crise financière. Et pourtant, cela aurait pu être pire...

"Avec la deuxième vague de la pandémie et le nouveau confinement imposé par les autorités, nous nous attendions à une croissance négative de 2 ou 3% au quatrième trimestre. Cette légère progression de 0,2% constitue une bonne surprise qui contraste avec les prévisions des enquêtes de l’ERMG", se félicite Philippe Ledent, économiste chez ING.

Effet Brexit

Si les services affichent, assez logiquement, une contraction de l’activité de 0,6% au quatrième trimestre, l’activité a bien progressé dans l’industrie (+4,7%) et la construction (+3,3%). Même constat sur l’ensemble de l’année, où l’incidence de la crise sanitaire s’est le plus ressentie dans les services (-6,4%) comparé à l’industrie (-4,4%) et la construction (-3,8%).

"Il y a probablement eu un effet d’anticipation d’un Brexit sans accord qui a poussé les entreprises britanniques à importer davantage en fin d’année."
Philippe Ledent
Economiste chez ING

Encore faut-il considérer ces premières estimations avec la prudence nécessaire, notamment en raison d’un effet Brexit qui aurait pu doper l’industrie. "Il y a probablement eu un effet d’anticipation d’un Brexit sans accord qui a poussé les entreprises britanniques à importer davantage en fin d’année. Mais du coup, nous ne sommes pas à l’abri d’un retour de balancier au premier trimestre 2021", prévient Philippe Ledent.

Quant à la contraction somme toute légère de l’activité dans les services (-0,6%), "cela témoigne d’une certaine faculté d’adaptation de l’économie", selon Ledent.

"Nous anticipons un retour à la normale pour fin 2022."
Philippe Ledent
Economiste chez ING

Ces résultats meilleurs que prévus permettent de reconsidérer le scénario de reprise. Jusqu’ici, ING tablait sur un retour à la normale au deuxième semestre de 2023. Pour ce faire, il faudrait récupérer un retard de croissance de 4,8% par rapport au niveau d’activité du quatrième trimestre de 2019. "Compte tenu des derniers chiffres encourageants, nous pouvons à présent anticiper un retour à la normale pour fin 2022", pronostique Philippe Ledent.

Relance modeste

La reprise sera tributaire de trois facteurs : l’évolution de la pandémie, le rythme de vaccination et l’effet escompté des plans de relance. Sur ce dernier point, Philippe Ledent estime qu’il ne faut pas tabler sur une reprise aussi rapide et vigoureuse qu’aux États-Unis. Les efforts de relance ne sont en effet pas comparables.

1,3%
du PIB
L'enveloppe européenne de 6 milliards d'euros pour la Belgique représente 1,3% du PIB alors que le plan de relance américain équivaut à une impulsion de 10% du PIB.

Avec un plan de relance de 1.900 milliards de dollars, les États-Unis ont prévu une impulsion de l’ordre de 10% du PIB. La Belgique, elle, peut compter sur une enveloppe de 6 milliards d’euros d’aide européenne, ce qui équivaut à 1,3% du PIB. Quant aux moyens que le gouvernement belge entend injecter, on n’en sait pas encore grand-chose pour l’instant.

Ceci étant, il faut également tenir compte des contraintes d’offre, tempère Philippe Ledent. "Il ne faudrait pas que l’impulsion se transforme en inflation. En tout état de cause, la reprise sera plus lente en Europe qu’aux États-Unis."

Ailleurs en Europe

En Allemagne, première économie de la zone euro, le PIB a connu une faible hausse de 0,1% au quatrième trimestre. Au total, l’année 2020 se solde par une contraction du PIB de 5%. C’est la pire année pour l’Allemagne depuis 2009, même si le rebond de son secteur industriel lui a permis de limiter les dégâts.

La France affiche quant à elle un recul de son PIB de 1,3% au quatrième trimestre et de 8,3% sur l’ensemble de l’année. Un plongeon jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale, mais néanmoins meilleur que prévu. La France semble en tout cas avoir mieux résisté au confinement de novembre qu’à celui du printemps.

En Espagne, le PIB s'est effondré de 11% lors de l'année écoulée, selon une première estimation officielle. L'économie s'est écroulée au printemps avant de rebondir durant l'été. L’activité a été rapidement freinée, en particulier dans le secteur clé du tourisme, par le retour des restrictions sanitaires.

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