L’économie belge résiliente face au choc de 2020

Philippe Ledent: "Les faillites et le marché du travail seront la clé de la reprise."

ING table sur des faillites et des pertes d'emplois moins massives qu'attendu.

Les conséquences de la pandémie continueront de se faire sentir dans les trimestres à venir, tout en restant assez limitées au regard du choc énorme qu'a subi l’économie en 2020. Tel est le message en partie rassurant délivré par le service d’étude d’ING dans ses nouvelles prévisions économiques.

3,6%
ING prévoit une progression du PIB belge de 3,6% cette année.

La banque s’attend à une croissance du PIB belge de 3,6% en 2021. Ce rebond fait suite à la récession de 6,2% encaissée en 2020. Dans un cycle normal, l’impact négatif d’un tel choc aurait dû se faire sentir depuis plusieurs mois déjà. Dans le cas présent, l’impact a été différé suite aux mesures de soutien prises par le gouvernement (chômage temporaire et moratoire sur les faillites principalement).

La clé de la reprise

C’est d’ailleurs au niveau des faillites et du marché du travail que se situe "la clé de la reprise", estime Philippe Ledent, économiste chez ING. On a terminé 2020 avec environ 7.000 faillites contre 10.000 les années précédentes. Une fois que les mesures de soutien disparaîtront, certaines faillites qui n’ont pas été prononcées en 2020 interviendront, ce qui augmentera de facto le taux de faillite. À cela s’ajouteront environ 10.000 faillites étalées sur plusieurs années résultant directement de la crise Covid. "C'est beaucoup, mais c’est moins que les extrapolations basées sur les données microéconomiques des entreprises", tempère Philippe Ledent.

15.000
pertes d'emplois
ING s'attend à 15 à 20.000 pertes d'emplois en 2021.

La hausse des faillites, combinée aux restructurations inévitables, devrait entraîner 15.000 à 20.000 pertes d’emplois en 2021. Le taux de chômage passerait ainsi de 6,1% à la fin 2020 à 7,9% début 2022. "Nous ne croyons pas que l’impact en matière de faillites et d’emplois perdus sera à la mesure de la perte d’activité subie en 2020, dans la mesure où la reprise économique sera dopée par trois éléments", explique Ledent.

Premièrement, les 20 milliards d’euros déposés par les ménages sur les comptes d'épargne devraient booster la consommation. Deuxièmement, d'importants stimuli budgétaires seront maintenus pendant la phase de relance. Troisièmement enfin, la politique monétaire garantit des conditions de financement attrayantes.

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