L'Europe moins optimiste sur le déficit belge que le Fédéral

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Le budget de l'Etat belge se maintient dans les clous européens et la situation devrait s'améliorer sur les deux prochaines années, peut-on lire dans les prévisions d'automne de la Commission européenne. Les prévisions de l'Europe sont toutefois moins optimistes que celles du gouvernement Michel.

Le déficit belge est de retour sous la barre des 3% chère à l'exécutif européen. Dans les traditionnelles prévisions d'automne de la Commission européenne, le solde des administrations publiques en Belgique passe de -3,1% en 2014 à -2,7% en 2015. La tendance ira en s'améliorant pour les deux prochaines années, en supposant que les politiques restent inchangées. Les données publiées par l'exécutif européen sont toutefois moins optimistes que celles du gouvernement Michel.

"La Belgique a pris un certain nombre de mesures dont l'impact est encore incertain."

La Commission prévoit ainsi que "les finances publiques belges s'améliorent modestement" et table sur un déficit de 2,6% en 2016 et 2,3% en 2017 à la faveur d'une croissance plus robuste (voir plus bas). Le gouvernement Michel était nettement plus optimiste dans ses prévisions avec une prévision de 2% de déficit en 2016. 

"La Belgique a pris un certain nombre de mesures dont l'impact est encore incertain, par exemple la taxe sur la transparence (Taxe Caïman), la diminution des impôts sur les personnes physiques ou encore l'amélioration du solde des autorités locales, qui serait moins important que prévu", dit une source proche de l'Union européenne. 

La Commission prévoit aussi une inflation pour 2016 (1,7%) supérieure aux prévisions du gouvernement (1,2%). Cette différence provient, de nouveau, de divergences sur l'impact de certaines mesures, dont la TVA à 21% sur l'électricité qui devrait tirer l'inflation vers le haut davantage que prévu par la Belgique. "En conséquence, l'indexation sur les allocations de chômage et des pensions aura lieu plus tôt que prévu en 2016", précise cette source.

Il en résulte une déviation de la Belgique par rapport aux objectifs européens. Selon nos informations, cette déviation reste "acceptable" à court terme. Par contre, à plus long terme, l'accumulation de déviations pourrait valoir un carton rouge au pays.

La Commission publiera le 17 novembre prochain ses recommandations sur les budgets des pays de la zone euro. C'est à cette date qu'on devrait en savoir plus sur la situation de la Belgique. 

La reprise se confirme timidement en Europe

La reprise économique se confirme en Europe et dans la zone euro, mais elle reste lente. Le PIB de l'Europe devrait croître de 1,9% en 2015 et de 2% en 2016.

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Au niveau de la croissance belge pour 2015, elle devrait s'établir à 1,3%, tout comme en 2016, avant d'augmenter à 1,7% en 2017, quand les sociétés commenceront à récolter les fruits "d'une compétitivité améliorée". La croissance du PIB annoncée par la Commission pour l'année en cours diffère légèrement de celle estimée par le Bureau du Plan qui table pour une croissance de 1,2% en 2015.

Les indicateurs européens sont aussi favorables sur le front de l'emploi. Si le taux de chômage passe de 8,5% à 8,6% en 2015, il reculera en 2016 à 8,4% pour atterrir sous la barre des 8% en 2017 (7,9%). A titre de comparaison, la moyenne européenne en 2017 est estimée à 8,9% alors qu'aux Etats-Unis (4,6%) et au Japon (3,3%) les prévisions se situent bien en-deçà des 5%. 

L'inflation belge poursuit son redressement avec une estimation à 0,5% en 2015, contre 0,4% l'an dernier. En 2016, elle devrait grimper à 1,7% et se tasser à 1,5% l'année suivante.

Le ministère français des Finances a contesté le calcul de la Commission européenne, qui voit un déficit beaucoup plus élevé que lui en 2017, en soulignant que l'exécutif européen ne prenait pas en compte toutes les économies prévues. Il s'agit d'un débat récurrent entre Paris et la Commission, à chaque fois que cette dernière publie ses prévisions.

Ce jeudi, elle a ainsi prévu pour 2017 un déficit public de la France équivalent à 3,3% du Produit intérieur brut (PIB), "à politique inchangée", là où Paris annonce 2,7%. De quoi faire réagir Claire Waysand, la directrice de cabinet du ministre des Finances Michel Sapin sur Twitter.

L'enjeu est particulièrement important car c'est en 2017, année de l'élection présidentielle, que la France a promis de faire descendre son déficit public sous la barre de 3% fixée par les traités fondateurs de la zone euro, et cela après avoir plusieurs fois reporté l'échéance.

Enfin, la Commission a aussi calculé l'impact de l'arrivée des réfugiés en Europe, "un afflux sans précédent", commente-t-elle dans ses prévisions. L'exécutif européen prévoit l'arrivée, d'ici 2017, de 3 millions de personnes supplémentaires en Europe, soit une augmentation de population de 0,4%. L'impact de ces arrivées est modeste, mais positif, selon la Commission, qui évalue à 0,2% ou 0,3% cet impact sur le PIB européen.

Les prévisions économiques de l’automne 2015  (en anglais; focus sur la Belgique à la page 68)

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