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L'inflation bat des records mais n'inquiète pas la BCE

Les prix des carburants se sont envolés au cours des derniers mois et pèsent lourd dans les prix à la consommation. ©Photo News

L'inflation est au plus haut en 13 ans en Belgique. Les prix de l'énergie ont grimpé de 30% en un an. La BCE voit toujours la hausse des prix ralentir en 2022.

C’est un record de plus pour l'inflation. Entre septembre et octobre, l'inflation a bondi de 2,86% à 4,16% en Belgique. Il faut remonter à octobre 2008, il y a 13 ans, pour retrouver un tel niveau d’inflation. Elle avait alors atteint 4,72%.

Cette nouvelle progression de l'inflation est à mettre sur le compte de l'énergie, dont les prix ont augmenté de 30,86% sur un an. À elle seule, l'énergie compte pour 2,62% dans l'inflation totale. La hausse des prix est principalement concentrée sur le gaz naturel, qui a augmenté de 77,5% sur un an. Le prix du megawatt-heure pour le gaz naturel se négocie aujourd’hui aux alentours de 90 euros, contre 20 euros en moyenne au cours des dix dernières années.

D’après Philippe Ledent, économiste chez ING, l’inflation devrait rester élevée pendant plusieurs mois encore. "Je ne pense pas qu’on ait atteint le pic d’inflation. Nous allons sans doute atteindre les 5%, mais on ne devrait plus connaitre d’augmentation de 1 à 2 points d’inflation par mois. Si tel devait être le cas, cela pèserait sur la consommation et risquerait de casser la dynamique de la reprise."

"Je ne pense pas qu’on ait atteint le pic d’inflation. Nous allons sans doute atteindre les 5%."
Philippe Ledent
Economiste chez ING

Ceci étant, même si le prix du gaz devait se stabiliser, l’effet de la récente hausse devrait se faire sentir pendant un certain temps encore, dans la mesure où beaucoup de contrats sont alignés sur les prix du gaz.

D’après Philippe Ledent, il ne faut pas s’attendre à ce que l’inflation revienne à la normale, c’est-à-dire aux alentours de 2%, avant la seconde moitié de 2022.

"Il n’y a pas encore eu de transfert des hausses de prix de l’énergie vers les prix finaux facturés aux consommateurs."
Philippe Ledent
Economiste chez ING

Transfert sur les prix finaux

Mais il y a aussi un autre problème qu’il faut tenir à l’œil, selon Philippe Ledent, c’est l’inflation hors-énergie, qui reste pour l’heure limitée à 1,7%. "Cela signifie qu’il n’y a pas encore eu de transfert des hausses de prix de l’énergie vers les prix finaux facturés aux consommateurs. De même, les hausses des prix des matières premières et du transport n’ont pas encore été répercutés par les entreprises sur leurs clients. Si ce transfert devait intervenir maintenant, l’inflation hors-énergie devrait elle aussi grimper", prévient-il.

2%
Sous l'objectif de la BCE
Selon la BCE, l'inflation retombera, à terme, en dessous de son objectif de 2%.

Pour la Banque centrale européenne (BCE), cela changerait tout. Tant que la hausse des prix demeure cantonnée aux prix de l’énergie, elle peut arguer qu’il s’agit d’un phénomène externe. Si par contre l’inflation sous-jacente devait se réveiller, alors la BCE est censée bouger.

Jeudi, l'institut monétaire n'a pas dévié du cap fixé pour sa politique monétaire. Sa présidente, Christine Lagarde, a signalé qu'elle anticipait toujours "une baisse (de l'inflation, ndlr) dans le courant de 2022". "Certes, cela va prendre un peu plus de temps que ce que nous avions prévu", a-t-elle concédé.

Fin des achats de crise en mars

Selon la patronne de la BCE, les trois causes de l'accélération de la hausse des prix devraient se dissiper progressivement. Premièrement, l'offre et la demande de biens et services devraient s'ajuster grâce à la diminution des problèmes d'approvisionnement. Deuxièmement, les prix de l'énergie devraient se stabiliser. Troisièmement, les effets de base liés à la comparaison avec les prix déprimés de 2020 disparaîtront l'année prochaine.

Compte tenu de ce scénario, la banque centrale pense que l'inflation retombera, à terme, en dessous de son objectif de 2%. Elle a donc maintenu ses taux directeurs inchangés. Elle poursuit aussi ses achats d'obligations, ce qui fait pression sur les taux d'intérêt. Madame Lagarde a néanmoins précisé qu'elle s'attendait à voir les achats d'urgence liés à la crise sanitaire prendre fin en mars 2022.

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