L'inflation plus basse permet de dégager de la marge salariale

©Dieter Telemans

Les partenaires sociaux se sont retrouvés vendredi pour reprendre les négociations salariales. La norme de 0,8% pourrait être assouplie suite à la révision à la baisse des prévisions d’inflation.

Après avoir claqué la porte de la concertation et mis le pays à l’arrêt lors de la grève générale mercredi dernier, les syndicats ont accepté de revoir les patrons vendredi dans le cadre du Groupe des 10. La réunion s’est visiblement bien passée puisqu’une prochaine réunion a d’ores et déjà été fixée au 25 février, a indiqué Bernard Gilliot, le président de la FEB et du G10.

Des groupes de travail seront chargés de préparer cette réunion. Les partenaires sociaux demandent au Conseil central de l’Économie (CCE), qui a dressé le rapport sur la marge salariale, de réexaminer les paramètres qui déterminent le calcul de la marge salariale en tenant compte des nouvelles prévisions d’inflation du Bureau du plan.

Le rapport du CCE avait dans un premier temps fixé une marge maximale de 0,8% pour la période 2019-2020. Une marge qui s’apparente, selon les syndicats, à "un carcan". Les patrons, eux, veulent que l’on respecte la loi de 1996 jugée "trop rigide" par les syndicats depuis qu’elle a été resserrée par le gouvernement en 2017.

Sauver la face

"Il faut trouver une solution où chacun puisse sauver la face", estime un proche du dossier. Lorsque les syndicats avaient claqué la porte, plusieurs pistes étaient déjà sur la table pour tenter de concilier ces deux préoccupations. Ainsi, il était question d’augmenter la valeur des chèques-repas, afin que les salariés touchent davantage en net sans que l’on ne grève le salaire brut. Il était aussi question d’une intervention du gouvernement au niveau des abonnements de transports en commun, actuellement remboursés entre 50 et 75% par les employeurs.

Enfin, une troisième piste avait été envisagée, consistant à ne pas accorder les mêmes augmentations à tout le monde. On pourrait par exemple aller au-dessus de 0,8% pour les jeunes et les personnes payées au salaire minimum, tandis que les travailleurs plus âgés devraient se satisfaire de moins.

Entre-temps, le Bureau du plan a publié de nouvelles prévisions pour 2019-2024 (lire L’Echo du 14 février) dans lesquelles il revoit l’inflation à la baisse. Il prévoit 1,6% en 2019 et 1,4% en 2020 (alors qu’on vient de 2,3% en 2018), grâce à la baisse du prix du baril. Jeudi toujours, à la Chambre, le ministre de l’Économie a laissé entendre que la révision de l’inflation pourrait laisser entrevoir un assouplissement de la marge salariale, entre 1% et 1,1%. Le dossier pourrait ainsi se débloquer assez rapidement. "Nous avons toujours dit qu’il n’était pas possible pour nous d’arriver à un accord plus bas que la marge précédente qui était de 1,1%", a rappelé le président de la CSC Marc Leemans.

Enveloppe bien-être

Le Groupe des 10 demande par ailleurs à une commission mixte au Conseil national du travail et au Conseil central de l’Économie de poursuivre les discussions sur l’enveloppe bien-être et de les finaliser si possible. Cette enveloppe, allouée par le gouvernement fédéral, vise à augmenter les allocations sociales. Elle pèse 353 millions d’euros pour 2019 et 716 millions pour 2020.

Enfin, les syndicats voudraient que soit abordée la question du salaire horaire minimum qu’ils souhaitent voir porté à terme à 14 euros, contre 9,8 euros actuellement.

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