La Belgique attractive, sans plus

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La Belgique progresse au classement d’IBM des pays les mieux cotés par les investisseurs, grâce surtout aux déboires des autres pays.

En dépit du sévère recul des investissements étrangers dans le monde consécutif à la crise, la Belgique est parvenue en 2009 à améliorer sa position dans les classements internationaux, passant de la 34ème à la 31ème place au niveau mondial, et de la 17ème à la 14ème place au plan européen.

C’est ce qui ressort de l’étude annuelle de PLI (Plant Location International), une division d’IBM spécialisée dans le conseil à l’investissement au niveau mondial. Les données concernant les investissements étrangers en Belgique avaient déjà été publiées en mai dernier ("L’Echo" du 27 mai 2010). Ce premier rapport avait laissé entrevoir des performances wallonnes nettement supérieures à celles de la Flandre. Une telle attractivité de la Wallonie s’explique, selon IBM, par l’abondance de terrains industriels au sud du pays et par des aides publiques à l’investissement jugées plus intéressantes.

Aujourd’hui, PLI-IBM publie son rapport complet, offrant une vue globale des flux d’investissements étrangers dans le monde l’an dernier. Notons que cette étude recense uniquement les projets d’investissement générateurs d’emplois nouveaux. Elle ne tient pas compte des investissements purement financiers, comme les fusions et acquisitions par exemple, un domaine où la Belgique est traditionnellement davantage présente.

Recul généralisé

Avec la crise, les investissements étrangers dans le monde ont enregistré un recul de 20%. Ce constat vaut également pour la Belgique qui accuse une baisse de 20%. À ceci près que certains pays font encore moins bien, permettant ainsi à la Belgique de gagner quelques places au classement. Ainsi, la Bulgarie, la Slovaquie et la Serbie, jusqu’il y a peu, bien positionnés, ont connu une année 2009 particulièrement difficile.

Au total, 182 nouveaux projets d’investissements étrangers ont été recensés pour l’ensemble de la Belgique en 2009, ce qui a permis la création de 5.300 nouveaux emplois. En 2008, on dénombrait encore 192 projets d’investissement (6.700 emplois créés), tandis que 2007 s’était clôturée avec 240 projets.

Du mieux en 2010

Au plan mondial, le nombre de projets d’investissement est resté relativement stable: 9.800 en 2009 contre 9.900 en 2008. Par contre, les créations d’emplois ont lourdement chuté, passant de 840.000 en 2008 à 685.000 en 2009. "Les grands projets d’investissement, générateurs de beaucoup d’emplois directs, ont clairement du plomb dans l’aile", observe Patsy Van Hove, consultante chez PLI-IBM. "Le déclin se situe surtout au premier semestre 2009", précise-t-elle. "Au second semestre par contre, les choses ont commencé à s’améliorer. Une tendance qui se confirme en 2010 au vu des premiers chiffres dont nous disposons."

Patsy Van Hove note aussi un changement de stratégie dans le chef des sociétés. "Là où l’année 2008 était entièrement placée sous le signe d’une réduction drastique des coûts, en 2009 les entreprises se sont plutôt focalisées sur l’adaptation, voire une refonte totale, de leur stratégie. En un an, on est passé d’une vision à court terme à une vision davantage axée sur le long terme."

Au hit-parade mondial, les Etats-Unis figurent toujours confortablement en tête des destinations les plus prisées par les investisseurs en termes de nouveaux projets, suivis de l’Inde, de la Chine, du Mexique et du Royaume-Uni. Les Philippines réalisent un grand bond en avant, obtenant même la première place mondiale en termes d’emplois créés dans les services aux entreprises en 2009 (16.000 postes). Les Britanniques emmènent pour leur part le classement européen, loin devant la Pologne et la France.

En Belgique, l’érosion continue du nombre de projets d’investissement témoigne, selon Patsy van Hove, d’une perte de compétitivité, principalement au niveau des coûts salariaux et de la fiscalité. A qualité égale, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France sont moins chers de 20 à 25 %, signe que des efforts ont été réalisés là où la Belgique s’est contentée du statu quo.

Instabilité politique

Quant à savoir si la crise politique a eu un impact quelconque sur la stagnation des flux d’investissement étranger en Belgique, Patsy Van Hove se veut très prudente: "La Belgique est toujours considérée comme un pays stable. Nos chiffres ne révèlent aucun impact de la crise politique. Par contre, la situation actuelle commence à jouer sur la perception de la Belgique à l’étranger. Il faut faire attention, car une perception négative, une fois ancrée dans les esprits, est très difficile à chasser", prévient-elle.

De leur côté, les entreprises belges actives à l’étranger ont surtout investi en 2009 au Brésil, aux Etats-Unis, en Chine et en Russie, ce qui illustre la montée en puissance des pays BRIC. En tête des sociétés belges les plus entreprenantes à l’étranger, on trouve Solvay (8 nouveaux projets), InBev (7 projets), Bekaert, Fortis Holding et Umicore.


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