La Belgique, championne de la taxation. Que faire?

  • Interview
  • Nicolas Stockmans
  • Conseiller fiscal chez BDO
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La Belgique est championne de la taxation du travail. L'OCDE vient encore de calculer que le salaire d’une famille avec deux enfants et deux salaires est taxé à 46,2%. Pour les célibataires sans enfants, ça monte même à 53,7%. Que faire? Nicolas Stockmans, conseiller fiscal chez BDO, nous éclaire sur la complexité de la situation.

L'OCDE a étudié et comparé l'imposition des salaires parmi ses membres, c'est-à-dire les 35 pays les plus industrialisés. En Belgique, l'on retient que notre pays observe le coin fiscal le plus élevé pour les travailleurs célibataires sans enfants rémunérés au salaire moyen. Et aussi, si l'on prend une famille avec deux enfants et deux salaires, la Belgique reste en tête des pays les plus taxés.

→ Retrouvez noter analyse du problème dans notre article La Belgique, championne de la taxation du travail

Nous avons interrogé Nicolas Stockmans, conseiller fiscal chez BDO, pour savoir comment sortir de cette situation.

Le tax shift va-t-il régler notre problème de compétitivité salariale?

Le tax shift contient des mesures encourageantes, comme les réductions de cotisations patronales, très appréciées par les employeurs. Ce qui m’ennuie en revanche, c’est la quasi-absence de progressivité. On est taxé au taux marginal à partir de 39.000 euros bruts par an. Si on prend on compte les additionnels communaux, on arrive à des taux de taxation de 53,5% voire 57% dans certaines communes wallonnes sur des salaires de 39.000 euros. C’est hallucinant. En Allemagne et aux Pays-Bas, les cotisations sociales sont beaucoup plus basses. En France, les travailleurs sont également moins taxés: l’abattement fiscal se pratique au niveau marginal alors que, chez nous, les quotités exemptées s’appliquent aux tranches les plus basses. Par contre, les cotisations patronales (45%) sont plus élevées.

Comment compenser la nécessaire réduction de la taxation sur le travail?

Il y a sans doute certains segments qui ne sont pas suffisamment taxés, comme l’immobilier par exemple. À côté de cela, il faut aussi considérer l’aspect des dépenses. Le coût administratif en Belgique est très élevé comparé à d’autres pays. Notre lasagne institutionnelle coûte cher et elle freine les processus de prise de décision.

Faut-il pousser plus loin la logique du tax shift?

Ce serait évidemment très bien mais je doute que l’on en soit capable. Parce que ça voudrait dire qu’il faudrait compenser ailleurs, ce qui ne manquera pas de susciter des levées de boucliers. Idéalement, il faudrait une réforme profonde, plutôt que de continuelles petites retouches, qui créent de l’insécurité juridique auprès des investisseurs étrangers.

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