La Belgique, championne du déficit dans la zone euro

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Le déficit de la Belgique devrait atteindre 2,3% du PIB l'an prochain, selon les prévisions de la Commission européenne. Seule l'Italie fait aussi mal. La dette devrait par contre peser moins lourd que prévu.

La situation budgétaire de la Belgique continue de se détériorer avec l'affaiblissement de l'activité économique et en l'absence de gouvernement de plein exercice, selon les prévisions que la Commission européenne a publiées ce jeudi.

Le déficit budgétaire de l'État devrait atteindre 2,3% du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain, estime l'exécutif européen, ce qui ferait de la Belgique le pays de la zone euro au déficit le plus important. Seule l'Italie égalerait cette contre-performance, alors que la moyenne des déficits nationaux atteindrait 0,9%.

Les causes de la détérioration budgétaire

Cette année, le déficit devrait déjà "s'agrandir largement", note la Commission, passant à 1,7% du PIB. Une situation qui s'explique d'abord par une baisse de rentrées dans les caisses de l'État (de 0,9% du PIB). C’est la conséquence de réformes fiscales adoptées ces dernières années, notamment l’encouragement des paiements anticipés pour les entreprises et la baisse de la fiscalité sur le revenu dans le cadre du "tax shift". 

99,5
pour cent
La dette publique atteignait 100% du PIB l’an dernier. Son poids devrait reculer à 99,5% cette année, puis 99,6% en 2020.

Elle s'explique aussi en partie par une augmentation des dépenses publiques (de 0,2% du PIB), en particulier sur le front des pensions et des soins de santé.

Pour l'année 2020, à politique inchangée, le déficit se creuserait pour atteindre donc 2,3% du PIB, estime la Commission. Le déficit structurel (hors mesures ponctuelles et conjoncture) se creuserait encore de 0,3% (pour atteindre 2,4%).  

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Et pourtant, le poids de la dette est en baisse... 

Malgré cette évolution, le poids relatif de la dette publique devrait s’avérer moins important que prévu. Elle atteignait 100% du PIB l’an dernier et devrait reculer à 99,5% cette année, puis 99,6% en 2020.

Au printemps dernier, la Commission s’attendait à ce que la dette publique dépasse la production annuelle de richesse pour chacune de ces deux années. Cela s’explique par la baisse des taux d’intérêts que paie l’État. Mais, à politique inchangée, la dette pourrait à nouveau atteindre la barre des 100% en 2021. 

Ralentissement économique

La Commission s’attend à un ralentissement de la croissance économique de la Belgique, qui s’établirait à 1% du PIB les deux années qui viennent (contre 1,2% pour l’ensemble de la zone euro), après avoir plafonné à 2% en 2017.

La demande intérieure devrait continuer de tirer l’activité économique belge. La croissance de l’investissement va ralentir, mais cette évolution sera partiellement effacée par la consommation privée, prévoit encore l’administration communautaire.

Le commerce extérieur ne devrait pas contribuer à la croissance cette année, et au contraire passer dans le rouge l’an prochain. Dans ce contexte morose, les prévisions de la Commission restent pourtant positives sur le front de l’emploi: le taux de chômage devrait continuer de baisser légèrement, pour tomber à 5,4% l’an prochain.

Macron: "La règle des 3% est un débat d'un autre siècle"

La règle européenne imposant aux pays membres de l'UE de ne pas accuser un déficit public annuel excédant 3% du produit intérieur brut (PIB) est "un débat d'un autre siècle", déclare Emmanuel Macron dans une interview parue dans l'hebdomadaire britannique The Economist.

"On doit repenser notre schéma macroéconomique. Nous avons besoin de plus d'expansionnisme, de plus d'investissement. L'Europe ne peut pas être la seule zone à ne pas le faire. Je pense que c'est pour ça aussi que le débat autour du 3% dans les budgets nationaux, et du 1% du budget européen, est un débat d'un autre siècle", déclare-t-il.

"Ce n'est pas le débat qui permet d'avoir cette politique. Ce n'est pas le débat qui permet de préparer l'avenir. Quand je regarde notre niveau d'investissement en intelligence artificielle, à comparer avec la Chine ou les Etats-Unis, nous ne sommes pas dans la même division."


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