La BNB prévoit 114.000 nouveaux jobs en 3 ans

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Dans ses dernières projections économiques, la Banque nationale de Belgique (BNB) a revu le PIB national 2015 à la hausse. Pour les deux années à venir, la BNB se veut plus prudente malgré une embellie sur le front de l'emploi.

Le PIB

Dernière ligne droite pour l'année 2015 et quelques surprises dans les projections économiques d'automne de la Banque nationale de Belgique. Alors que le PIB belge était initialement attendu à 1,2% en 2015, les prévisions publiées ce vendredi par l'institution financière portent la croissance du PIB 2015 à 1,4%. Une révision à la hausse qui ne s'applique pas pour 2016 et 2017. En septembre dernier, la BNB parlait d'une croissance de l'activité économique de 1,5% et 1,7%. Les données actualisées ce vendredi prédisent un PIB en hausse de 1,3% en 2016 et 1,6% en 2017, soit un peu moins qu'escompté par le gouvernement fédéral. La croissance "reste hésitante malgré un redressement graduel", a déclaré le gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Jan Smets.  

Si la situation économique s'améliore tant en Belgique que chez ses voisins, c'est notamment grâce à la forte baisse du prix du pétrole, qui libère du pouvoir d'achat, ce qui stimule la demande intérieure, et à la dépréciation de l'euro, qui renforce quant à elle la compétitivité de la Belgique et de la zone euro.

Le déficit

Le déficit belge est bel et bien de retour sous la barre des 3% chère à la Commission européenne. La Banque nationale prévoit donc un déficit de -2,9% en 2015 et en 2016. On reste cependant encore loin des chiffres pris en compte par l'équipe Michel pour la confection du budget. L'exécutif fédéral vise un déficit de -2,1% en 2016. Même chose pour 2017, en pire: la Belgique est supposée atteindre un déficit de -0,9% et la BNB dit 2,5%, contre 2,3 pour la Commission. Bref, avec de telles différences de sérieux doutes planent sur la faisabilité de la trajectoire budgétaire du Fédéral.

"La bonne nouvelle du jour, c'est l'emploi."
Jan Smets
Gouverneur de la BNB

L'emploi

La BNB prévoit la création de 114.000 emplois en 3 ans, principalement dans des secteurs sensibles à la conjoncture comme l'agriculture, l'industrie, la construction, le commerce, l'horeca, les transports ou encore l'immobilier.

"La bonne nouvelle du jour, c'est l'emploi" s'est félicité Jan Smets, le gouverneur de la BNB. En 2015, la Banque nationale table donc sur 31.600 créations d'emplois nets. En septembre dernier, elle évoquait une timide création de 24.000 job pour l'ensemble de l'année. Et avec le bon comportement du secteur des services et du non-marchand, l'optimisme est de mise pour 2016 et 2017 où l'on prévoit respectivement 40.400 et 42.000 nouvelles créations d'emplois (voir graphique ci-contre). En début de semaine, le Bureau du Plan et la BNB ont à ce sujet chiffrer l'impact du tax shift sur l'économie belge en indiquant que la réforme fiscale créera entre 45.000 et 65.000 emplois de plus d'ici 2021.

Pour le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), il ne fait désormais plus aucun doute que "le tax shift porte ses effets dans les chiffres". "Le pic historique de recettes publiques atteint sous le gouvernement Di Rupo appartient au passé. La baisse est en marche. Nous constatons la baisse des charges sur le travail et les efforts pour maintenir sous contrôle les dépenses. La pression fiscale et parafiscale baisse donc."

La Banque nationale table en outre sur une diminution du taux de chômage de 8,7% en 2015 à 8,4% en 2016 et 8,1% en 2017.

"Je suis satisfait de constater que les résultats de la politique fédérale deviennent tangibles, également dans les prévisions de la Banque Nationale."
Johan Van Overtveldt
Ministre des Finances

L'inflation

L'inflation va rebondir à 1,9% en 2016 à cause d'un certain nombre de taxes indirectes, comme la TVA sur électricité à 21%, le coût de l'électricité verte en Flandre ou les accises. Or, on vient d'une inflation de 0,6% en 2015, soit environ trois fois moins que ce qui est attendu l'an prochain. En 2017, inflation devrait retomber à 1,7%.

Il est à noter que la Banque nationale n'a pas encore pris en compte l'impact des attentats et du blocage de la capitale en alerte 4. En revanche, l'impact du flux de réfugiés arrivé depuis cet été est estimé à 0,1% du PIB en 2016, soit 400 millions d'euros et c'est une estimation basse selon la BNB.

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