La BNB prévoit un ralentissement de la croissance

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La Banque nationale a légèrement revu à la baisse sa prévision de croissance à 1,4% pour 2019 (au lieu de 1,5% précédemment). Elle table néanmoins sur la création de 150.000 emplois de 2018 à 2021.

"L’économie belge va légèrement décélérer au cours des prochaines années, en raison du ralentissement international, mais la croissance belge restera néanmoins très riche en emplois." Tel est le message essentiel délivré par le vice-gouverneur de la Banque nationale, Pierre Wunsch, qui présentait ce matin les nouvelles projections de la Banque. Wunsch prendra la succession du gouverneur Jan Smets à partir du 1er janvier prochain.

Croissance. La croissance du Produit intérieur brut (PIB) se tasse graduellement, passant de 1,7% en 2017 à 1,5% en 2018, 1,4% en 2019, 1,3% en 2020 et 1,2% en 2021. Cette croissance sera essentiellement soutenue par la consommation des ménages. Le revenu disponible sera dopé en 2019 par le mécanisme d’indexation des salaires et par la baisse des prix du pétrole. A cela s’ajoute le tax shift qui, au 1er janvier 2019, passera un nouveau palier, synonyme de 140 euros nets par mois en plus pour les salaires les plus modestes.

→ Le Bureau du Plan, le FMI, l'OCDE et la Commission européenne visent tous une progression de 1,5% pour la croissance belge en 2019.

L’investissement des entreprises, qui était de près de 6% en 2017, va par contre ralentir aux alentours de 2,5% sur la période 2018-2021. Les exportations vont également diminuer. La hausse des coûts salariaux devrait occasionner de légères pertes de parts de marché pour les exportateurs belges.

Encore faut-il tenir compte d’une certaine sous-utilisation de la marge salariale. La Banque nationale considère en effet que cette marge est sous-utilisée par les entreprises à hauteur d’environ 50%. Un facteur explicatif est que les entreprises utilisent régulièrement des moyens autres que le salaire pour récompenser leurs travailleurs (voiture, écochèques, pack mobilité, etc.). On notera par ailleurs que la hausse des coûts salariaux se fera essentiellement au détriment des marges bénéficiaires des entreprises.

Emploi. L’emploi continue de progresser, mais à un rythme moins élevé que ces dernières années. Pour la période 2018-2021, la BNB table sur la création nette de 150.000 postes de travail. Ce ralentissement s’explique par les tensions importantes sur le marché du travail en Belgique. Les entreprises trouvent difficilement les travailleurs dont elles ont besoin. Ce frein structurel au niveau de l’offre explique, selon Pierre Wunsch, au moins en partie pourquoi la croissance de l’économie belge est plus modeste que la moyenne de la zone euro. Un phénomène que l’on observe depuis plusieurs années déjà.

Budget. Au niveau des finances publiques, le déficit repartira à la hausse. De 0,8% cette année, le déficit repartira progressivement vers les 2%, alors que l’Europe prescrit l’équilibre. En cause, une baisse des recettes parafiscales suite au tax shift ainsi que l’estompement du phénomène des versements anticipés. Les entreprises ont en effet accéléré ces dernières années leurs versements anticipés. Ce ne devrait plus être le cas au cours des prochaines années.

Au total, le niveau d’endettement devrait se résorber pour rejoindre la barre symbolique des 100% du PIB à l’horizon 2021. Si par contre, la Belgique se tenait à la trajectoire européenne, le désendettement serait encore plus rapide et se situerait à 96% en 2021. "La réduction de la dette est importante pour se donner de la marge pour pouvoir faire fonctionner les stabilisateurs automatique en cas de retournement de conjoncture", recommande Pierre Wunsch.

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