La chasse aux sociétés fantômes a dopé les faillites en 2019

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L’année écoulée a été marquée par quelques grosses faillites. Mais ce sont surtout les ASBL et les sociétés fantômes qui ont alimenté les chiffres des faillites.

En 2019, 11.817 faillites ont été prononcées en Belgique, d’après les chiffres de Graydon, société de collecte d’informations économiques et financières. C’est 10,3% de plus qu’en 2018 et c’est la pire année depuis le record absolu de 12.306 faillites en 2013. En soi, ce n’est pas une réelle surprise. Cela fait plusieurs mois en effet que l’on s’orientait vers un tel résultat.

Si le bilan n’est pas bon, il ne faut pas dramatiser pour autant. D’après Graydon, cette flambée des faillites est surtout à mettre en rapport avec un certain nombre de modifications législatives. Ainsi par exemple, les professions libérales (avocats, médecins, etc.) et les ASBL peuvent désormais faire faillite, ce qui n’était pas le cas auparavant.

Sus aux sociétés fantômes

Un deuxième facteur est la volonté de certains tribunaux, surtout à Bruxelles, de faire le ménage parmi les sociétés fantômes, ces sociétés qui ne sont plus que des coquilles vides sans plus aucune activité économique. La loi du 12 juin 2017 demande expressément aux tribunaux de l’entreprise de procéder à la liquidation des sociétés fantômes. Il n’est pas rare en effet que ces entités juridiques soient rachetées par des personnes aux intentions frauduleuses (travail au noir ou autres activités criminelles).

11.817
faillites
L’année 2019 s’est clôturée avec 11.817 faillites. Il faut remonter aux 12.306 faillites de 2013 pour trouver pire.

Les faillites ont provoqué, l’an dernier, la perte de 21.493 emplois directs, soit 13,4% de plus qu’en 2018. Ce triste bilan est surtout le fait de quelques faillites retentissantes. On a ainsi dénombré 11 faillites impliquant plus de 100 salariés, ce qui est inhabituellement élevé. Les cas de Belle’s (entreprise de nettoyage de Courtrai) et de Thomas Cook Belgique comptent d’ailleurs parmi les plus grosses faillites de ces dix dernières années.

La progression du nombre de faillites l’an dernier s’observe tant en Flandre (+ 16% soit 5.763 faillites) qu’en Wallonie (+ 12,5%, soit 2.932 faillites). À Bruxelles, par contre, les faillites ont diminué de 1% (3.012 faillites).

"Pour Bruxelles, il ne faut pas perdre de vue que l’année précédente, en 2018, les faillites avaient déjà très fortement augmenté", souligne Eric van den Broele, directeur du service d’étude de Graydon. Et rien ne dit que les faillites ne vont pas reprendre à Bruxelles. Le mois de décembre 2019 a en effet été très mauvais.

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La construction va moins bien

La progression du nombre de faillites l'an dernier s'observe tant en Flandre (+16% soit 5.763 faillites) qu'en Wallonie (+12,5%, soit 2.932 faillites).

Contrairement aux autres années, ce n’est pas l’horeca qui affiche la plus forte hausse mais la construction. Certes, on dénombre encore une progression de 3,7% des faillites dans l’horeca en 2019. Mais c’est moins que dans la construction où on a assisté à une hausse de 7,5%. Par contre, l’horeca reste le secteur le plus fragile. Le risque de faillite y est le plus important: 1 établissement horeca sur 30 a fait faillite en 2019.

On notera aussi que, contrairement aux années précédentes, la taille des entreprises dans la construction ayant dû mettre la clé sous le paillasson est moins importante que par le passé.

Quid pour 2020?

Pour 2020, Eric Van den Broele se montre prudent. "Difficile en effet de prédire l’évolution de la conjoncture économique." Par contre, il s’attend à une poursuite de la tendance actuelle, c’est-à-dire beaucoup de faillites d’ASBL et de liquidations de sociétés fantômes.

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