La compétitivité belge à bonne distance de la concurrence

©Photo News

Le baromètre de l’attractivité proposé par l’école de commerce IMD place la Belgique loin derrière ses concurrents directs que sont les Pays-Bas, le Luxembourg, la Suisse et l’Irlande.

La Belgique est le 26e pays le plus compétitif au monde, d’après le 30e baromètre annuel réalisé par IMD, une école de commerce basée à Lausanne. Si notre pays perd trois places par rapport à l’an dernier, nous naviguons depuis 2014 dans une sorte de statu quo, entre la 23e et la 28e position. C’est-à-dire loin de nos concurrents directs que sont les Pays-Bas (4e), la Suisse (5e), le Luxembourg (11e) et l’Irlande (12e).

©MEDIAFIN

Le retour des États-Unis en tête

Les Etats-Unis se replacent en tête du classement IMD des économies les plus compétitives. Un succès qui s’explique, selon le rapport, par les "performances économiques" et la qualité des "infrastructures" du pays. Les pays qui composent le top-5 n’ont pas changé par rapport à l’an dernier, si ce n’est leur ordre.

En tête l’an dernier, Hong Kong occupe aujourd’hui la deuxième place, grâce à l’efficacité des pouvoirs publics et au solide cadre institutionnel proposé aux entreprises. En troisième position figure une autre ville-état, Singapour. Les Pays-Bas ont dépassé la Suisse et se sont installés à la quatrième place, devenant ainsi l’économie européenne la plus compétitive.

Nos voisins néerlandais peuvent, selon le rapport IMD, se prévaloir d’une marche "équilibrée" vers la compétitivité, avec de bonnes performances tant au niveau économique qu’institutionnel et régulatoire. Le léger recul de la Suisse est à mettre sur le compte de l’érosion de ses exportations depuis le retour du franc fort décidé par la Banque nationale suisse. Les pays nordiques trustent la seconde partie du top-10 avec le Danemark (6e), la Norvège (8e) et la Suède (9e). Ces pays affichent une bonne productivité du secteur privé et des pratiques managériales saines.

Est-ce à dire que les réformes structurelles introduites par le gouvernement Michel ne portent pas leurs fruits? "Lorsqu’on touche aux pensions, à l’enseignement ou la recherche, il faut du temps avant que les résultats ne soient perceptibles sur le terrain", répond Christos Cabolis, économiste en chef chez IMD. "Mais à politique constante, les choses ne pourront qu’aller mieux dans le futur", assure-t-il.

Le rapport a été réalisé à partir de données fournies par la FEB. Ces données ont servi à alimenter 260 indicateurs dont deux tiers de hard data (exportations, inflation, dépenses sociales, etc.) et un tiers d’éléments de perception (qualité de vie, corruption, etc.).

Les points forts de l’économie belge le plus souvent cités par les sondés sont le niveau de qualification de la main-d’œuvre, un terreau culturel propice à la recherche, l’accès au financement, une bonne ouverture d’esprit et la qualité de la gouvernance d’entreprise.

Christos Cabolis y ajoute pour sa part un haut degré de cohésion sociale. "C’est à la fois une garantie de stabilité politique et un remède efficace contre les inégalités." Il signale également la bonne tenue de la productivité (10e place), qui compense le coût de la main-d’œuvre.

Les soins de santé et l’enseignement sont appréciés, tandis que nous sommes à la pointe pour l’égalité entre les sexes. Le revenu disponible des femmes équivaut à 94,8% de celui des hommes et 42% des parlementaires sont des femmes.

Les points noirs, eux, sont connus: une fiscalité pénalisante, des coûts de licenciement prohibitifs (nous sommes n°1 mondial) et des pouvoirs publics peu efficaces. "Les pays nordiques appliquent également de très hauts niveaux de prélèvements, mais ils offrent en retour un cadre très performant, que ce soit en terme d’infrastructures ou de gouvernance", explique Christos Cabolis.

Les progrès les plus notables enregistrés au cours de l’année écoulée portent notamment sur la balance courante qui s’est améliorée et le déficit public qui a fondu.

Une régression a par contre été enregistrée au niveau du coût de l’électricité pour l’industrie, des avoirs financiers du secteur bancaire ou encore de la fuite des cerveaux qui s’est encore intensifiée.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés