La dette belge bientôt sous la barre de 100% du PIB

Les dépenses belges ont largement diminué entre 2014 et 2018, ce qui a permis de faire baisser la dette publique ©REUTERS

L'Agence fédérale de la dette a le sourire. Le contexte actuel lui est très favorable, ce qui a permis une diminution des charges d'intérêt. Selon les projections actuelles, la dette publique pourrait tomber sous le seuil de 100% d'ici l'année prochaine.

"Tout est sous contrôle, nous sommes en vitesse de croisière". Tel est en substance le message délivré par l'Agence fédérale de la dette dans son dernier rapport annuel. "2018 ressemble fortement aux années précédentes", nous confirme son directeur Jean Deboutte. Et de pointer plusieurs chiffres positifs, comme la diminution des charges d'intérêt de la dette, qui sont passées pour la première fois sous la barre symbolique de 2% du produit intérieur brut (PIB). Elles ont atteint 1,92% l'année passée et selon les estimations de l'Agence, devraient continuer à baisser jusqu'au moins 2021.

Une tendance qui doit beaucoup à des taux historiquement bas. En Belgique, le taux à 10 ans  est resté plus ou moins stable en 2018, s'élevant en moyenne à 0,80%. Un mouvement baissier s'est cependant amorcé depuis le début de 2019, à la grande surprise de l'Agence. 

"On s'attendait globalement à ce que le démantèlement de l'assouplissement quantitatif [de la BCE] aboutisse à des taux plus élevés. Cette hausse de taux ne s'est toutefois pas produite"
Agence fédérale de la dette

La Banque centrale européenne (BCE) a en effet réduit progressivement sa présence sur le marché obligataire l'an dernier, avant de décider de mettre un terme à ses achats dès le mois de décembre. En 2018, l'institution monétaire a encore acheté pour un montant total d'environ 8 milliards d'euros de la dette souveraine belge. Mais elle ne finance désormais que les obligations arrivées à terme. Ce qui fait disparaître un grand acteur du marché obligataire. Heureusement, "les investisseurs privés (comme les gestionnaires de fonds par exemple, NDLR) ont absorbé les nouvelles émissions", relève Jean Deboutte.

Des besoins de financement en nette baisse

L'Agence fédérale de la dette a émis pour près de 34 milliards d'euros d'obligations en 2018. De quoi financer sans problème des besoins de plus en plus faibles. Les besoins de financement ont continué de baisser en 2018 pour atteindre 33,64 milliards d'euros. Du jamais vu depuis 2009. "Nous ne sommes pas sous pression", reconnaît son directeur. "Nous avons eu la possibilité d'émettre aux moments les plus opportuns". Il souligne d'ailleurs que le contexte actuel, avec des taux bas et une croissance économique positive, est en quelque sorte "le meilleur des mondes" pour les finances publiques.

Au final, la dette belge a continué son dégonflement en termes relatifs. Elle a reculé de 1,4% l'an dernier pour atteindre 102,0% du PIB. Et selon les projections du programme de stabilitéle taux d'endettement pourrait passer sous le seuil de 100% en 2020, à 98,5%.

60,7%
2019 sans stress
A l'heure actuelle, l'Agence fédérale de la dette a déjà accompli 60,7% de son plan de financement prévu pour 2019.

Parez au choc!

Jean Deboutte, directeur de l'Agence fédérale de la dette. ©Thierry du Bois

L'Agence a également profité de cette situation presque idyllique pour poursuivre sa stratégie mise en place après la crise économique de 2008-2009 et qui a pour objectif de se préparer à un nouveau choc financier: allonger la durée moyenne de la dette pour réduire les risques. "Nous avons atteint aujourd'hui un niveau optimal", se réjouit Jean Deboutte. La durée moyenne de la dette de l'Etat fédéral a ainsi évolué pour passer de 6,83 années en 2011 à 9,62 années en 2018. Elle a même atteint 9,88 années fin avril 2019.

Ce qui a provoqué une baisse du risque de refinancement à 5 ans, qui est tombé à 39,7% contre 41,8% auparavant. "Cela signifie que fin 2018, il n'y avait plus que 39,7% de l'ensemble de la dette de l'Etat fédéral à refinancer dans les 5 ans". Malgré tout, le directeur de l'Agence fédérale de la dette assure que la Belgique reste très présente sur le marché obligataire, avec encore des obligations à longue échéance. Car, explique-t-il, les investisseurs privés en sont encore très friands.

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