La dette belge risque d'augmenter de 2 milliards

Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire, traîne une dette de plus de 2 milliards d’euros. ©BELGA

Il y a de fortes chances qu’Eurostat impose de comptabiliser les 2 milliards de dettes d’Infrabel avec la dette de l’État. Ce serait un sérieux revers pour le gouvernement qui espère toujours ramener la dette sous les 100% du PIB.

Avec une dette de plus de 450 milliards d’euros ou 103,4% du produit intérieur brut (PIB) fin 2017, la Belgique fait partie des plus mauvais élèves de la classe en Europe. D’autant qu’à cela, on risque de devoir ajouter encore quelques milliards supplémentaires. Eurostat, l’office européen de statistique, se demande en effet pourquoi la dette de plusieurs milliards d’Infrabel n’est pas comptabilisée avec la dette de l’État.

"Le risque est réel de devoir comptabiliser la dette d’Infrabel avec la dette de publique."
une source gouvernementale

Lors de leur visite bisannuelle, juste avant l’été, les représentants d’Eurostat ont posé des questions à ce sujet, d’après une de nos sources. "Le risque est réel de devoir comptabiliser la dette d’Infrabel avec la dette de publique", confirme une source gouvernementale. Ce qui signifierait que la dette globale augmenterait de plus de 2 milliards d’euros, ou de 0,5% du PIB.

La décision n’a pas encore été prise, des discussions étant encore en cours entre Eurostat et des techniciens de l’Institut des comptes nationaux (ICN). La décision devrait cependant tomber dans les prochaines semaines. Au sein du gouvernement, on se fait d’ores et déjà à l’idée d’une mauvaise nouvelle. Un peu partout en Europe, Eurostat pose en effet des questions à propos des gestionnaires d’infrastructures. Des enquêtes similaires sont en cours en France et en Espagne.

L’arrêté royal de Bellot

Si Eurostat ne vise qu’Infrabel et non la SNCB, cela résulte, d’après une source gouvernementale, d’un arrêté royal pris par le ministre de la Mobilité François Bellot (MR). "L’arrêté prévoit que la dotation d’Infrabel soit pour ainsi dire alignée sur un montant fixe. De ce fait, on ne peut plus démontrer qu’Infrabel est une entreprise publique qui fonctionne en conformité avec le marché. C’est l’arrêté royal de Bellot qui a amené ces ennuis."

Si la dette d’Infrabel devait effectivement être comptabilisée dans le périmètre de la dette de l’État, ce serait un sérieux revers pour le gouvernement Michel. Celui-ci espère toujours ramener le taux d’endettement sous cette législature sous la barre des 100% du PIB. Ce qui aurait pu se faire moyennant une entrée en Bourse de Belfius et moyennant la vente d’un paquet supplémentaire d’actions BNP Paribas. Les deux opérations ont cependant été reportées. Au lieu de diminuer, la dette publique risque d’augmenter de quelques milliards d’euros. Sans compter qu’il s’agit d’un montant plus important que les 2 milliards d’euros que la privatisation partielle de Belfius aurait dû rapporter.

Ce n’est pas la première fois qu’Eurostat tape sur les doigts de la Belgique au sujet de la dette publique. Précédemment, l’institut européen avait contraint la Belgique d’inclure dans la dette globale les "dettes cachées" d’institutions comme Apetra, l’organisme qui gère les réserves pétrolières stratégiques du pays.

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