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La dette des entités fédérées s'approche des 100 milliards d'euros

La dette wallonne était de 34 milliards d'euros fin 2022, contre 32 milliards pour celle de la Flandre. ©BELGA

Le déficit budgétaire de la Belgique s’est tassé l’an dernier. La dette publique a également légèrement baissé. Les Régions, quant à elles, dépensent sans compter.

L’année 2022 s’est soldée par un déficit budgétaire de 3,9% du produit intérieur brut (PIB), soit 21,3 milliards d’euros. C’est une amélioration par rapport au déficit de 5,5% (27,5 milliards d’euros) enregistré en 2021. Ces chiffres émanent de l’Institut des comptes nationaux (ICN) qui, deux fois par an (en avril et en octobre), communique un bilan budgétaire auprès de la Commission européenne dans le cadre de la procédure concernant les déficits excessifs.

La dette publique s’établissait, fin 2022, à 105,1% du PIB, ce qui constitue un repli de 4 points de pourcentage par rapport à 2021. Cela ne signifie pas que tout va bien, puisque cette réduction du taux d’endettement en 2022 s’explique intégralement par la forte hausse du PIB nominal l’an dernier.

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Du covid à la hausse des prix de l'énergie

Si on compare 2022 avec 2021, on constate que la baisse des mesures de soutien dans le cadre de la pandémie a été compensée en grande partie par des mesures d’aide aux ménages pour payer leur facture d’énergie.

Grâce à cette baisse des mesures de soutien, on a pu réduire les dépenses primaires à 52% du PIB, ce qui reste néanmoins très élevé.

Les dépenses liées au covid ont fortement diminué depuis 2020. Les mesures de soutien avaient représenté 19,4 milliards d’euros la première année de la pandémie. Depuis lors, on est retombé à 12,1 milliards en 2021 et à 2,7 milliards en 2022.

Mais l’an dernier, le gouvernement a déboursé 5,9 milliards d’euros pour aider les gens à faire face à la hausse des prix de l’énergie. Les principales mesures concernent le tarif social, le forfait de base pour l’électricité et le gaz et les réductions de TVA et d’accises.

Globalement, l’incidence des mesures temporaires sur le déficit s’est réduite, revenant de 12,6 milliards d’euros (2,5% du PIB) en 2021 à 8,7 milliards d’euros (1,6% du PIB) en 2022. Grâce à cette baisse des mesures de soutien, on a pu réduire les dépenses primaires à 52% du PIB, ce qui reste néanmoins très élevé. Surtout si on considère que les recettes n’ont représenté que 49,7% du PIB (soit une baisse de 0,2% par rapport à 2021). Quant aux charges d’intérêts, elles se sont également repliées de 0,2 point de pourcentage.

+60%
Depuis 2018, la dette des entités fédérées a augmenté de 60%.

La dette des Régions augmente

Le rapport de l’ICN laisse, par ailleurs, apparaitre une hausse rapide – de l’ordre de 60% - de la dette des entités fédérées depuis 2018. C’est une progression beaucoup plus rapide que la dette fédérale qui, elle, a augmenté de 22% depuis 2018. Entre 2018 et 2022, la dette a augmenté de 58% en Wallonie, de 55% en Fédération Wallonie-Bruxelles, de 76% en Flandre et de 120% à Bruxelles.

La dette de l’ensemble des entités fédérées s’élevait, fin 2022, à 93 milliards d’euros, s’approchant dangereusement du seuil symbolique des 100 milliards d’euros. La dette de la Wallonie était, fin 2022, de 34 milliards d’euros, celle de la Flandre de 32 milliards et celle de Bruxelles de 10 milliards. En termes de soutenabilité, la Flandre est dans une situation beaucoup plus favorable que les autres entités du pays.

Entre 2018 et 2022, la dette de la Wallonie a augmenté de 58% et celle de la Flandre de 76%.

En 2020, le déficit de la Flandre (5,4 milliards d'euros) a été beaucoup plus important que celui de la Wallonie (1,8 milliard) en raison de mesures de soutien beaucoup plus généreuses face à la pandémie. Mais en 2021, la Wallonie a accusé un déficit plus important (3,3 milliards d'euros) que la Flandre (3,2 milliards) en raison du coût des inondations de juillet (environ 1 milliard d’euros).

La dette globale de 93 milliards d'euros des entités fédérées doit être mise en rapport avec les 474 milliards d’euros que représente la dette fédérale, mais qui a été construite sur une période beaucoup plus longue. À cela, il faut encore ajouter une dette de 27 milliards d’euros dans le chef des pouvoirs locaux.

Le résumé
  • Le déficit budgétaire de la Belgique a diminué de 5,5% en 2021 à 3,9% en 2021.
  • Les aides pour la facture d'énergie ont pris le relais des mesures de soutien face à la pandémie.
  • L'endettement a diminué à 105% du PIB, uniquement grâce à la forte progression du PIB nominal.
  • L'endettement des entités fédérées augmente plus rapidement que celui du fédéral.
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