La digitalisation, aubaine pour l'emploi

©© Uwe Umstätter/Westend61/Corbis

Une étude réalisée à la demande d’Agoria l’affirme: en Belgique, la numérisation de l’économie devrait créer 3,7 nouveaux postes pour chaque emploi disparu.

"La digitalisation est souvent présentée comme une menace, entame Marc Lambotte, le patron d’Agoria. Qui va détruire des emplois à la pelle. Mais la vérité, c’est qu’aucune étude ne s’était jamais penchée sur les implications concrètes sur le marché du travail en Belgique." C’est pourquoi la fédération des entreprises technologiques a chargé le bureau de consultance Roland Berger de plancher sur la problématique, le tout en collaboration avec les trois services publics régionaux de l’emploi, à savoir Actiris, le Forem et le VDAB.

"La vérité, c’est que la numérisation de l’économie va être porteuse d’emplois!"
Marc Lambotte
Patron d’Agoria

Soupir de soulagement chez Agoria, puisque les résultats sont significativement positifs, et ce de la Flandre à la Wallonie, en passant par Bruxelles. "La vérité, c’est que la numérisation de l’économie va être porteuse d’emplois!" À condition toutefois d’être capable de saisir les opportunités qui s’annoncent.

→ Constats

La digitalisation est avant tout une histoire de transformation du marché du travail. Des postes sont amenés à se raréfier, met en avant l’étude – les exemples-types sont l’ouvrier manuel non qualifié, le caissier ou l’employé administratif. Mais les autres sont amenés à évoluer ou à monter en puissance. Enfin, des fonctions nouvelles verront le jour. Au final, oui, la digitalisation emportera avec elle un paquet de postes: 235.000 d’ici 2030, chiffre l’étude. Une perte plus que largement compensée par la création d’emplois, estimée, elle, à 864.000. Conclusion? "Pas moins de 3,7 nouvelles offres seront disponibles pour chaque emploi qui disparaîtra", claironne Marc Lambotte, qui préfère arrondir à 4.

235.000
Emplois
235.000 emplois sont amenés à disparaître avec la digitalisation d’ici 2030, chiffre l’étude.

Par ailleurs, comme la croissance du nombre d’emplois disponibles en Belgique s’établira, jusqu’en 2030, à un rythme annuel de 0,9%, la demande dépassera l’offre de main-d’œuvre dès 2021, celle-ci ne progressant que de 0,3% par an. Là est donc le risque, pointe-t-on chez Agoria. À politique inchangée – autrement dit si rien n’est fait –, 584.000 postes seront vacants en 2030. "Au total, pas moins de 95 milliards d’euros de prospérité sont dans la balance!"

→ Que faire?

L’étude commandée par Agoria identifie quatre stratégies afin de répondre à ce défi. La première concerne la quasi-totalité de la population active: 4,5 millions de travailleurs devront régulièrement mettre leurs compétences "digitales" à niveau. Une évidence qui ne se suffit pas. Pour 310.000 travailleurs ou demandeurs d’emploi, c’est carrément par la case "reconversion" qu’il conviendra de passer. "Pour une moitié d’entre eux, la formation devrait durer entre 2 et 6 mois; pour l’autre moitié, on parle plutôt de 6 à 18 mois. Ceci relève de la responsabilité tant des autorités que des entreprises!"

Le troisième axe devrait permettre de combler quelque 268.000 postes vacants. Le mot d’ordre: activation. De la population inactive, notamment en creusant la différence financière entre ceux qui travaillent et ceux qui ne le font pas, en accélérant la fin des prépensions ou en soignant l’accès au travail des personnes issues de la migration. Où il est également question de "stimuler la migration économique", de travailler plus ou plus longtemps et de mieux "harmoniser les filières et le choix des études avec la demande de main-d’œuvre".

Enfin, tous les partenaires se sont engagés à mettre en place une série d’actions concrètes, collant aux priorités dégagées par l’étude. Du côté d’Agoria, cela passera par la mise en place d’un trajet de formation destiné aux "NEET", à savoir ces jeunes qui ne disposent pas d’emploi et ne suivent ni formation, ni études.

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