La FEB part en guerre contre la réforme du marché du travail

©BELGA

La FEB n'est pas contente du projet de loi de Kris Peeters sur le principe de l'annualisation du temps de travail, entre autres. "Si on suit les projets tels qu’ils sont rédigés, cela aura des résultats négatifs sur l’économie et sur l’emploi." Elle réclame des adaptations.

Kris Peeters a remis vendredi dernier au groupe des Dix son projet de loi sur la "flexibilisation" du travail. Ce projet confirme le principe de l'annualisation du temps de travail dans la loi (flexibilité de la semaine des 38 heures).

Aujourd'hui, le Fédération des entreprises de Belgique (FEB) craint de voir la réforme du marché du travail initiée par le ministre CD&V vidée de sa substance. "Des adaptations sont absolument nécessaires", affirme l'organisation mercredi dans un communiqué.

En principe, la FEB est pourtant pour une annualisation de la durée de travail, prévue par la réforme. Mais la mesure est compromise par des modalités supplémentaires et un coût plus élevé pour les entreprises, selon l'organisation. "Plus aucune entreprise n'utilisera cette 'flexibilité'", craint-elle.

• Mais aussi...

Les entreprises critiquent aussi sévèrement le régime de télétravail occasionnel, qui "va beaucoup plus loin qu'initialement prévu" en accordant un droit au travailleur et une obligation à l'employeur de motiver tout refus. Pour la FEB, le régime relève davantage du "télé-congé" occasionnel.

De plus, pour la FEB, le projet de réforme du marché du travail ne garantit pas que le "handicap salarial" de la Belgique puisse continuer à se résorber. "Le risque est réel qu'en 2018, nous soyons à nouveau confrontés à un handicap des coûts salariaux", prévient la FEB.

"Si nous voulons poursuivre l'élan positif (plus d'investissements, plus d'emplois, moins de faillites...), il faudra changer son fusil d'épaule. C'est la raison pour laquelle une adaptation drastique du projet de loi sur le travail faisable et l'agilité au travail est absolument indispensable", ajouter Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB, cité dans le communiqué.

Déjà,  la N-VA et l'Open Vld s'étaient positionnés contre les propositions de Peeters sur la flexibilité de la semaine des 38 heures.Le CD&V avait indiqué mardi, par la voix du député Vercamer, ne pas comprendre ces critiques.      "Le projet de loi ne touche pas aux possibilités existantes en matière de flexibilité du temps de travail et ne fait que créer un cadre afin d'aller plus loin que l'actuel système négocié minimal, pour autant qu'il y ait un accord entre employeurs et employés. C'est ainsi que cela fonctionne dans une économie de concertation sociale", affirmait le député Vercamer.

Les syndicats aussi sont fâchés, pour rappel.

Le syndicat chrétien voit toujours "d'importants problèmes" dans le projet de loi du ministre de l'Emploi Kris Peeters sur la flexibilisation du travail, présenté vendredi aux partenaires sociaux.

Pour la CSC, les mesures avancées font des travailleurs "une marchandise à faible coût".

De son côté, la FGTB ne veut pas d'un travail soutenable qui soit synonyme de "travailler plus, plus longtemps et de manière plus flexible".

La CGSLB regrette, quant à elle, le timing du ministre, la période estivale rendant plus difficile l'examen des textes et leur négociation par les partenaires sociaux.

Parmi les problèmes pointés, la CSC dénonce la possibilité pour les employeurs d'annualiser unilatéralement la durée du travail et/ou relever le nombre d'heures supplémentaires que l'on peut accumuler avant de pouvoir bénéficier de repos compensatoire à 143 heures.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés