Rédacteur en chef

Le cri d'alerte de la BNB sur le déficit belge.

La TVA à 6% pour l’horeca. Un chèque consommation de 300 euros pour soutenir les secteurs en difficulté. Visons large pour son usage, cela permet d’intégrer la culture. Et pourquoi pas un Rail Pass ? Pour que le Belge se déplace, s’en aille dépenser à Ostende et Bouillon, et sauve un secteur touristique moribond.

On ne reviendra pas ici sur la cacophonie ; une Sophie Dutordoir qui, en tant que cheffe du rail, n’a pas été prévenue, se demande comment elle va accueillir 11 millions de Belges (chacun dix fois) à 1,5 mètre de distance dans ses trains. "Puis, qui va payer ?"

Le super kern de samedi a encore démontré, par l’absurde, toutes les limites du fonctionnement actuel du gouvernement Wilmès II. Un gouvernement fédéral de compromis. Où on agit pour agir, où on coche les cases pour satisfaire les uns et les autres, où chaque parti obtient sa petite victoire.

Tout le monde est content. À court terme.

Car oui, qui va payer ? Et est-ce structurel tout cela, docteur ?

Pour la BNB, la Belgique n’a tout simplement plus les moyens de se payer le luxe d’arroser.

Les experts, sur ce point précis, sont critiques à l’extrême. Et ce lundi, Pierre Wunsch et la BNB, dans leur costume de gardiens du temple, ont sifflé la fin de la récré.

D’un, agir sur le pouvoir d’achat – et qui plus est le pouvoir d’achat des ménages actifs – n’a pas grand sens. Le principal enjeu de la relance, pour la Belgique, se trouve à l’export. Sur ce plan-là, "nous ne pouvons pas faire grand-chose", s’incline la BNB.

De deux, la Belgique n’a tout simplement plus les moyens de se payer le luxe d’arroser.

Dans son nouveau scénario prévisionnel, la BNB table désormais sur une chute du PIB de 9% en 2020. La reprise prévue pour 2021 et 2022 sera loin d’être suffisante pour combler le trou. À la grosse louche, ce sont donc près de 50 milliards d’euros de PIB qui se sont envolés. D’un coup.

Corollaire de l’intervention massive des pouvoirs publics pour absorber le premier choc de cette corona-crise, notre endettement devrait passer de 100% du PIB en 2019 à 120% en 2022. Se posera encore la question du refinancement de nos soins de santé.

Creuser plus loin, c’est hypothéquer l’avenir.

Ce cri d'alerte de la BNB, y a-t-il quelqu’un dans le "cockpit Belgique" pour l’entendre ?

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