La fiscalité pour gérer les flux migratoires

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Une étude de l’Ires pose le lien entre économie souterraine et immigration clandestine. Plutôt que de fermer les frontières, il vaut mieux réduire la fiscalité et lutter contre la fraude.

21%
L’économie informelle représente environ 21% du PIB belge. C’est ce segment de l’économie qui attire l’immigration clandestine.

Réduire la pression fiscale sur le travail plutôt que fermer les frontières pour endiguer l’immigration clandestine, c’est ce que préconisent deux professeurs d’économie de l’UCLouvain, Luca Pensieroso et Fabio Mariani, dans le dernier numéro de "Regards économiques", la revue mensuelle de l’Ires, le service d’étude de l’UCLouvain.

Ils constatent un lien direct entre économie souterraine et immigration clandestine. Selon les estimations disponibles, l’économie informelle représenterait environ 21% du PIB belge, une situation assez comparable à celles des Pays-Bas (14%), de la France (15%) et de l’Italie (27%). C’est le débouché professionnel obligé des migrants sans permis de séjour.

Plus l’économie informelle est importante, plus elle exercera un attrait sur les migrants irréguliers en quête de travail au noir. Une meilleure lutte contre la fraude dans les entreprises, combinée à une diminution des charges sur le travail aura dès lors pour effet de rendre le travail au noir moins attractif. Ces politiques peuvent dès lors, selon les auteurs, constituer "une alternative possible aux politiques coercitives basées sur le contrôle des frontières et les rapatriements". Autant de mesures qui suscitent en outre des questionnements au plan moral.

Protectionnisme

Les deux chercheurs battent également en brèche l’idée généralement admise que le protectionnisme permet de préserver l’emploi local face à la globalisation.

Les secteurs que l’on entend protéger sont généralement ceux qui emploient des gens peu qualifiés et génèrent peu de valeur ajoutée. Des immigrés clandestins pourraient dès lors aisément y trouver leur place.

Cela pose assurément un dilemme pour une formation politique qui voudrait à la fois du protectionnisme et un meilleur contrôle des flux migratoires. "Les deux objectifs pourraient être mutuellement incompatibles", affirment les deux économistes.

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