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La géothermie pour lutter contre le réchauffement climatique?

©DOC

L’exploration géothermique profonde en Belgique redémarre. Une enquête est lancée pour 18,7 millions.

Où et comment exploiter la géothermie profonde en Belgique mais aussi dans les pays limitrophes comme l’Allemagne, les Pays-Bas et la France? Ces questions sont au centre du projet de recherche européen "DGE-Rollout" qui vient de démarrer. Ce projet vise à diversifier d’ici quatre ans nos sources d’approvisionnement en énergie et ainsi à réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Dans ce contexte, l’exploitation de la chaleur de la Terre pour alimenter au niveau local/régional des systèmes de chauffage voire de production d’électricité, entre clairement en ligne de compte. Des analyses géologiques de cette zone ont permis d'estimer le potentiel total à 2.500 voire 3.000 GWh thermiques, soit l’équivalent de 140.000 foyers wallons (sans tenir compte des pertes du transport et de la distribution).

"DGE (Deep geothermal energy) est un projet interrégional européen (Interreg NWE) qui vient tout juste de démarrer", explique Ben Laenen, du VITO (Institut flamand pour la recherche technologique). Le VITO est un des deux partenaires officiels belges dans ce projet européen, avec le service géologique de l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. "Nous avons appris le 7 janvier dernier du secrétariat Interreg NWE que ce projet était officiellement accepté et mis en route", précise Ben Laenen. "Et voici deux jours, tous les partenaires du projet se sont réunis pour signer les contrats qui y sont liés."

Objectif: réduire chaque année de plus de 7 millions de tonnes les émissions de CO2.


Ce projet, d’un budget de 18,7 millions d’euros, est essentiellement financé par l’Europe (11,16 millions). Le reste du budget provient de financements publics et des partenaires impliqués. À ce jour, en Belgique, la province de Limbourg y va également de sa poche, à hauteur de 126.000 euros.

Entreprise risquée

Concrètement, les partenaires belges vont se concentrer sur deux aspects du projet DGE. "Pour le VITO, nous allons d’une part participer à une série d’analyses du sous-sol belge en province de Limbourg afin de déterminer les zones géologiquement les plus intéressantes pour la géothermie profonde", précise Ben Laenen. On parle ici d’évaluer les ressources en chaleur situées à une profondeur de 4 à 5 kilomètres sous la surface.

"D’autre part, nous allons aussi apporter notre expertise en ce qui concerne les technologies utilisées dans les centrales pilotes exploitant les ressources géothermiques profondes: celle de Mol, en province d’Anvers et de Bochum, en Allemagne." L’Institut royal des sciences naturelles assure de son côté les opérations de cartographie des zones géologiques intéressantes pour la géothermie profonde. Plus localement, il devrait aussi mener des études de terrain dans les provinces de Hainaut et de Luxembourg afin de délimiter les zones plus propices à une éventuelle exploitation ultérieure.

Le gouvernement wallon a adopté jeudi dernier, en première lecture, un avant-projet de décret instaurant une garantie pour les projets d'exploration de son sous-sol profond. Divers obstacles sont susceptibles de compromettent le développement de projets de géothermie profonde en Wallonie, dont l'importance du risque financier en raison d'une ressource non garantie sujette à un risque naturel. Le système de garantie régionale envisagé devrait rassurer les entreprises et les investisseurs dans ce domaine.

À terme, et en optimisant cette filière, les partenaires de ce projet espèrent réduire chaque année de plus de 7 millions de tonnes les émissions de CO2 dans la région.

Les acteurs | Engie et peut-être CMI

Une seule entreprise est pour l’instant active dans la géothermie profonde en Belgique: Engie Fabricom, qui a été choisi par le Vito pour construire et entretenir les installations en surface de la centrale géothermique de Mol, qui doit fournir chaleur et électricité.

"Le groupe CMI est aussi très présent dans les groupes de travail sur la géothermie profonde, parce que la valorisation de la chaleur sous forme d’électricité fait partie de ses compétences" indique Cédric Brüll, directeur de Tweed, le cluster wallon spécialisé dans l’énergie, l’environnement et les techniques de développement durable.

Une petite entreprise, Earthsolution, a aussi tenté l’aventure, mais est en cessation d’activités, faute de projets concrets. "D’autres acteurs, comme Veolia, pourraient aussi se positionner dans ce domaine, mais sur base des compétences qu’ils ont à l’étranger", note Cédric Brüll.

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