La majorité fédérale prête à imposer un embargo sur les armes vers l'Arabie saoudite

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Un embargo belge sur les ventes d'armes à l'Arabie saoudite est possible. Les partis de la majorité fédérale se disent en tout cas prêts à l'imposer. C'est ce qu'il ressort des amendements déposés ce mardi à une proposition de résolution d'Ecolo.

Les partis de la majorité fédérale sont prêts à imposer un embargo belge sur les ventes d'armes à l'Arabie saoudite, ressort-il des amendements déposés ce mardi à une proposition de résolution d'Ecolo. Ce faisant, ils renvoient la balle vers les Régions dans ce débat qui a rebondi avec l'entrée du royaume saoudien dans la commission pour les droits des femmes des Nations-Unies.

La résolution des Verts semblait promise aux limbes parlementaires jusqu'à la polémique d'il y a deux semaines. Mis en difficultés par l'opposition, le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), a souhaité qu'un débat s'ouvre sur la ligne à suivre à l'égard de l'Arabie saoudite. Le texte des écologistes demandait notamment de suspendre toute relation commerciale avec cet Etat en attendant une analyse des flux financiers en provenance ou à destination de celui-ci.

→ Pas de suspension des relations commerciales 

La majorité s'écarte de cette proposition. Elle demande que la Belgique soumette ses relations tant commerciales que diplomatiques avec ce pays à une "réflexion approfondie", vu l'attitude de celui-ci en matière de droits de l'homme, afin de déterminer une nouvelle stratégie belge.

→ PS et cdH dans l'embarras

"Il faut définitivement considérer ce pays comme dangereux sur le plan de la sécurité."
Georges Dallemagne
Député CDH

Pour ce qui est du commerce des armes, qui concerne au premier chef la Wallonie, la majorité propose d'y mettre un terme en concertation avec les entités fédérées. La demande plonge le PS et le cdH dans l'embarras. Dans ce dossier très sensible, le PS et le cdH, qui forment la majorité en Région wallonne, ont plaidé jusqu'à présent pour un embargo européen sur les ventes d'armes, estimant que la seule initiative belge n'y changerait rien. L'attitude surprend le ministre.

Le député Georges Dallemagne (cdH) a plaidé mardi en faveur d'un "plan de désengagement" de la Belgique à l'égard de l'Arabie saoudite. "Il faut définitivement considérer ce pays comme dangereux sur le plan de la sécurité", a-t-il affirmé en commission des Relations extérieures de la Chambre, invoquant le rôle du royaume saoudien dans la propagation du salafisme. "Si l'on me dit que j'ai quelqu'un de dangereux à côté de moi, je demande un embargo sur les armes", a fait remarquer Didier Reynders.L

La commission reprendra ses travaux mardi prochain et tentera d'aboutir à un vote. A croire les uns et les autres, personne ne cherche à noyer le poisson. De nombreuses questions demeurent pourtant en suspens. "Ce sont des décisions qui ont de grandes conséquences", a averti le chef de groupe N-VA, Peter De Roover.

Une remise en cause des relations entre la Belgique et l'Arabie saoudite en raison du respect des droits de l'homme pourrait avoir des répercussions sur les relations avec d'autres pays ainsi que sur l'approche européenne souvent privilégiée par la Belgique. 

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