La moitié du PIB belge a pris la direction des paradis fiscaux

Parmi les paradis fiscaux figure Monaco. ©istock

L’an dernier, 853 entreprises belges ont envoyé 221,3 milliards d’euros vers des paradis fiscaux. C’est presque autant que l’épargne de l’ensemble des Belges (262 milliards), et environ la moitié du PIB belge.

L’an dernier, 853 entreprises belges ont envoyé 221,3 milliards d’euros vers des paradis fiscaux, soit une moyenne de 260 millions par société selon Le Soir, qui eu accès aux statistiques relatives aux déclarations de paiement vers ces destinations. Depuis 2010, toute société traitant avec ces juridictions est tenue par la loi de communiquer ces transactions via le formulaire 275F. Contacté par nos soins, le SPF Finances confirme le montant des 221,3 milliards d’euros. C’est presque autant que l’épargne de l’ensemble des Belges (262 milliards), et environ la moitié du PIB belge.

Les dossiers sont transmis à la CTIF en cas de soupçons de blanchiment ou financement du terrorisme.

Selon le SPF Finances, une première ventilation permet de dresser un classement temporaire par ordre d’importance des 5 premiers États bénéficiaires de ces paiements: les îles Caïmans, les Emirats arabes unis, le Bahreïn, les Bermudes et les îles anglo-normandes (Jersey/Guernesey).

Parmi ces paradis fiscaux figurent aussi Monaco ou encore les îles Vierges britanniques. Toutes ces destinations sont considérées par la Belgique comme des États "à fiscalité inexistante ou peu élevée". Singapour, Panama et Hong Kong ne figurent pas encore sur la liste noire belge, alors qu’ils devraient en faire partie au vu de la loi actuelle.

Le Luxembourg est, quant à lui, redevenu "fréquentable" en 2016. Le tableau est donc fluctuant. En 2015, près de 275 milliards avaient été envoyés vers les paradis fiscaux. Mais le nombre d’entreprises concernées ne cesse d’augmenter. Elles étaient 210 en 2011, 379 en 2012, 461 en 2013 et 532 en 2014.

 

Autorités de contrôle

Le député fédéral Georges Gilkinet (Ecolo) a appelé le gouvernement à agir d’urgence pour davantage de justice fiscale. "Les chiffres sont, pour Ecolo, une nouvelle illustration de l’urgence d’agir pour davantage de justice fiscale. Et un nouveau signe du peu d’intérêt de l’actuelle majorité pour combattre les pratiques indécentes de certains acteurs économiques, a affirmé l’élu écologiste dans un communiqué. Jusqu’à quand le ministre des Finances et le gouvernement fédéral vont-ils rester les bras croisés face à ces indications constantes et répétées que notre système fiscal est devenu injuste et inefficace?"

Une fois établie la liste des échanges avec les juridictions épinglées, le gouvernement la transfère aux autorités de contrôle compétentes. Le SPF Finances nous précise: "La cellule de lutte contre les paradis fiscaux utilise initialement ce fichier compilé et enrichi pour établir des dossiers de pré-enquête sur la base de critères de sélection développés en interne. Ces dossiers de pré-enquête sont ensuite transmis aux fins d’examen aux services opérationnels du SPF Finances et, s’il échet, à la CTIF en cas de soupçons de blanchiment de capitaux/financement du terrorisme."

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