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La pandémie a freiné les augmentations de salaire

Hors indexation, le salaire fixe a progressé deux fois moins qu'en 2020, souligne Bert De Greve (à gauche).

Près de six travailleurs sur dix en Belgique ont obtenu moins de 1% d'augmentation cette année. Ils ont eu moins encore en variable, sauf certains managers.

En toute logique, la crise pandémique a eu des effets sur les augmentations salariales en Belgique. Restait à voir dans quelle latitude... Le groupe de consultance en ressources humaines Hudson a fait le calcul au départ d'un large échantillon, puisque sa base de données recense les rémunérations de 192.799 collaborateurs de 707 entreprises et organisations. Résultat, le salaire de base des travailleurs belges a augmenté de 2% en moyenne cette année, contre 2,4% l'an dernier, indexation comprise. Plus marquant: près de six travailleurs sur dix ont reçu moins de 1% d'augmentation ou pas d'augmentation du tout, contre 2,5 sur 10 l'an dernier. Donc oui, la crise a freiné les augmentations, mais pas dans une ampleur énorme.

"Hors index, le ralentissement est un peu plus net: l'augmentation du salaire de base a atteint 0,77% cette année contre 1,5% l'an dernier."
Bert de Greve
Partenaire, Talent Management, Hudson

"Hors index, le ralentissement est un peu plus net: l'augmentation du salaire de base a atteint 0,77% cette année contre 1,5% l'an dernier", explique Bert De Greve, partenaire chez Hudson. "Pour effectuer nos calculs, nous compilons une masse de salaires individuels, que nous comparons d'une année à l'autre." La norme salariale, qui s'élève à 0,4% cette année, limite l'augmentation du coût salarial total, pour rappel, et non pas pour chaque travailleur. Elle ne reprend pas, par ailleurs, l'indexation, les augmentations barémiques, les bonus salariaux (liés à des objectifs collectifs) et les primes bénéficiaires (liées aux résultats).

+0,15%
La partie variable des rémunérations n'a progressé que de 0,15% cette année, selon Hudson.

La rémunération variable (bonus, primes) a elle aussi crû plus modestement cette année: +0,15% seulement, mais d'importantes différences apparaissent ici au niveau des secteurs ainsi que des fonctions. Les services avec, en pointe, les entreprises de technologie de l'information (IT), ont continué d'octroyer des variables conséquents, observe ainsi Hudson. Il relève aussi la générosité du secteur du détail qui a compensé par ce biais la stagnation de la rémunération de base. À l'opposé, c'est dans la production que les employeurs ont été les moins prodigues en variable.

Manager IT: la meilleure combinaison

Du côté des fonctions, les bonus n'ont quasiment pas évolué pour les employés et cadres, alors qu'ils ont fort progressé pour les managers et les seniors managers (+7 et +27%). Les dirigeants des secteurs de l'IT, des matières premières et des fabrications métalliques ont été les plus gâtés, en lien avec les bons résultats réalisés par leurs sociétés malgré la crise.

Un travailleur sur cinq perçoit une indemnité pour ses frais liés au télétravail.

L'enquête menée par Hudson montre aussi qu'un travailleur sur cinq perçoit une indemnité pour ses frais liés au télétravail, que 35% des employés peuvent déjà opter pour une rémunération flexible (plan cafétéria) et qu'un nombre croissant de secteurs octroient une part du salaire sous forme de droits d'auteur (moins taxés).

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