La pandémie a radicalement modifié les habitudes de consommation des ménages

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La pandémie de Covid-19 a généré d’énormes chocs tant au niveau de la demande que de l’offre de biens et de services, ce qui pourrait faire apparaître des pressions respectivement déflationnistes et inflationnistes, indique la Banque nationale de Belgique dans une récente étude.

Avec les mesures de confinement, les pertes de revenus, la profonde incertitude au sein de la population et les comportements d’évitement du risque, la crise a entraîné un changement radical des habitudes de consommation des ménages dans notre pays. C'est ce que démontre une récente étude de la Banque nationale de Belgique (BNB) sur les prix à la consommation et les évolutions de l’inflation durant le premier confinement et la période qui l’a immédiatement suivi.

En raison des restrictions de déplacement et de la fermeture des commerces non essentiels, il s’est avéré impossible d’inventorier normalement certains prix afin d’établir l’indice des prix à la consommation, prévient toutefois la BNB. Statbel a ainsi décidé de suspendre temporairement les relevés de prix locaux. Concernant les biens et les services qui ne pouvaient plus être achetés à cause des restrictions, Statbel a prolongé les derniers prix disponibles.

Il en ressort que des imputations de prix ont été nécessaires pour 24% du panier de consommation en avril, contre 17% en mai et seulement 4% en juin. L'effondrement des cours pétroliers en mars et avril a par ailleurs entraîné l’inflation totale dans son sillage. L’inflation sous-jacente (l’inflation totale sans les prix des produits énergétiques et alimentaires) est demeurée stable durant la majeure partie de l’année 2020, mais le report des soldes d’été a fait monter cette inflation en juillet, avant qu'elle ne descende en août.

L'inflation alimentaire en hausse

L’inflation alimentaire augmente elle depuis la fin de 2019, une tendance qui s’est poursuivie pendant le premier confinement et les mois qui l’ont suivi. La crise sanitaire peut expliquer en partie cette hausse, notamment à cause des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et l'interdiction par le gouvernement des offres spéciales dans les supermarchés du 18 mars au 4 mai.

En ce qui concerne les habitudes de consommation, la fermeture des restaurants, des bars, des magasins non essentiels et l'annulation des activités culturelles et récréatives ont eu une incidence sur l'épargne des consommateurs. Ils ont ainsi consacré une part de leur budget beaucoup plus large à la nourriture, surtout en avril. À l’inverse, la consommation des services non alimentaires (les vêtements, les restaurants, les bars) a observé une courbe "V": diminuant à partir de février jusqu’à son point le plus bas en avril, avant de repartir à la hausse avec le déconfinement. Les biens moins consommés ont été ceux pour lesquels les prix ont augmenté le moins rapidement ou ont même diminué (carburants), tandis que les biens davantage consommés ont été ceux pour lesquels les prix ont le plus progressé (produits alimentaires).

La crise a gommé les différences de consommation

Il revient également que la pandémie a quelque peu contraint tous les consommateurs à adopter un panier de consommation similaire, malgré les disparités entre les revenus. Les différences en termes d’habitudes de dépenses des ménages se sont donc estompées.

Concernant enfin l'inflation anticipée et l'inflation réelle, il ressort ici que les consommateurs avaient des attentes erronées. Alors que l’inflation totale a nettement reculé en Belgique entre janvier 2020 et mai 2020, les ménages se sont attendus à une vive hausse des prix durant l’enquête du mois d’avril. Cette attente à une nette majoration des prix peut s’expliquer par une surréaction des ménages, donnant aux prix des produits alimentaires un poids bien plus élevé que leur part effective dans les dépenses.

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