La pression fiscale sur le travail au plus bas depuis l'an 2000

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La pression fiscale sur le travail est en baisse en Belgique. Elle est même à son plus bas niveau depuis l’an 2000. Mais elle reste aussi la plus élevée des pays de l’OCDE chez les travailleurs célibataires.

Bouteille à moitié vide ou à moitié pleine? Le rapport publié hier par l’OCDE au sujet de la pression fiscale sur le travail livre un bulletin mitigé pour la Belgique. Positif: les impôts sur le travail ont diminué chez nous en 2018. Négatif: nous restons parmi les pays où la fiscalité est la plus élevée. Ce sont surtout les travailleurs célibataires qui passent à la caisse. On vous détaille ça. 

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Le "coin fiscal" (le total des impôts payés par le salarié et son patron) s’élève en Belgique, pour un travailleur célibataire, à 52,7% du coût salarial total pour l’employeur. C’est le taux le plus élevé de l’OCDE, mais le plus bas enregistré en Belgique depuis l’an 2000.

L’OCDE calcule chaque année le "coin fiscal". Derrière cette appellation se cache le total des impôts et des cotisations sociales payés sur un salaire, tant par l’employé que par son patron. Le résultat s’exprime en pourcentage des coûts de la main-d’œuvre pour l’employeur. Autrement dit, ce "coin" mesure la pression fiscale et identifie la différence entre le coût total pour l’employeur et la rémunération nette perçue par le salarié. Le calcul se base sur le salaire moyen d’une personne célibataire. 

L'OCDE prend en compte l’impôt sur le revenu ainsi que les cotisations de sécurité sociale versées tant par le travailleur que par l’employeur, ce qui donne le "coin fiscal" ou le taux effectif d’imposition du travail.

En 2018, la moyenne de l’OCDE affiche ainsi 36,1%, en baisse de 0,16 point de pourcentage par rapport à 2017. Le recul intervenu entre 2017 et 2018 est imputable à de fortes baisses dans quatre pays, dont la Belgique (-1.09 point de pourcentage). C’est la conséquence, dans notre pays, d’une réduction des cotisations patronales de sécurité sociale. Le taux belge s’affiche ainsi à 52,7%. C’est le niveau le plus bas depuis l’an 2000 (où il était encore à 57,1%)!  En dix ans, il a reculé de trois points de pourcentage. Mais il reste toujours le plus élevé des 36 pays de l’OCDE, devant l’Allemagne, l’Italie et la France.

Si vous voulez être moins taxé sur votre travail, mieux vaut avoir... des enfants. L’OCDE calcule aussi le "coin fiscal" pour un couple marié avec deux enfants et un seul revenu. Dans ce cas de figure, le taux belge n’affiche "que" 37,3% en 2018, contre une moyenne OCDE de 26,6%. La Belgique pointe ici à la 7e place dans un classement où la France est championne du monde. Notre pays était encore 4e en 2017.

Différence brut/net

L’OCDE publie également un autre indicateur qui, en résumé, traite de la différence brut/net pour l’employé. Concrètement, l’organisation mesure le taux net moyen d’imposition des personnes physiques (impôt sur le revenu et les cotisations  sociales payées par les salariés) en pourcentage des salaires bruts. En 2018, le taux moyen dans les pays de l’OCDE était de 25,5%. Celui de la Belgique était de 39,8%, le plus élevé de la zone. On parle ici de nouveau du cas d’un travailleur célibataire. Autrement dit, un travailleur célibataire belge garde en poche, en moyenne 60,2% de son salaire brut. Ce taux monte à 79,7% dans le cas d’un couple marié (un revenu, deux enfants) car l’OCDE inclut dans le revenu le montant des allocations familiales.

 

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