La productivité en Belgique réduit le handicap salarial par rapport aux pays voisins

©Jean-Pierre Ruelle

En Belgique, les salaires sont toujours plus chers qu'ailleurs, mais une meilleure productivité nous aide à réduire ce handicap.

Les salaires belges sont toujours un peu plus chers que ceux des pays voisins. Mais la meilleure productivité des travailleurs réduit ce handicap, selon les calculs du Conseil central de l'Économie (CCE).

Un salarié belge coûte-t-il plus cher qu'en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas? "Oui", répondent les patrons. "Non, bien au contraire", rétorquent les syndicats. Le débat est éternel et même le Conseil central de l'Économie ne peut y apporter de réponse définitive, à en croire son nouveau rapport sur les salaires.

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L'handicap absolu des coûts salariaux, soit le coût salarial en Belgique comparé à celui des pays voisins, a atteint 12,6% dans le secteur privé en 2017, d'après le CCE.

L'handicap absolu des coûts salariaux, soit le coût salarial en Belgique comparé à celui des pays voisins, a atteint 12,6% dans le secteur privé en 2017, d'après le CCE. Mais, corrigé par le niveau de productivité des travailleurs, c'est-à-dire l'évolution de la valeur ajoutée qu'ils créent par heure, ce handicap salarial n'atteint plus qu'1,2%.

Les patrons relativisent cependant ce constat. Avec de nombreuses et coûteuses machines, l'avantage en productivité est logique. Encore faut-il les acheter, argumentent-ils ainsi. Si l'on examine les diminutions de cotisations patronales et les subsides salariaux, comme par exemple le taxshift, on s'aperçoit que les salaires ont même progressé 2,5% moins rapidement qu'en France, aux Pays-Bas et en Allemagne.

Norme salariale peu élevée

Le Conseil central de l'Économie est chargé de fixer dans quelle mesure les salaires pourront augmenter dans les deux années à venir (2019 et 2020). Cette norme est de 0,8%. Un taux auquel le CCE est arrivé à l'issue d'une procédure très complexe qui tient compte de toute une série de corrections et de mécanismes de sécurité.

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Le taxshift du gouvernement a fait reculer d'1,6% le handicap salarial avec la France, l'Allemagne et les Pays-Bas, selon le CCE.

Ceux-ci ont été intégrés par le gouvernement Michel afin d'éviter que l'handicap salarial ne progresse à nouveau, par exemple à cause d'une inflation plus importante que prévue en Belgique ou d'une évolution des salaires plus basse qu'attendue dans les pays voisins.

Toujours d'après les calculs des experts du Conseil central de l'économie, le taxshift du gouvernement a fait reculer d'1,6% le handicap salarial avec la France, l'Allemagne et les Pays-Bas.

Les partenaires sociaux espèrent aboutir à un accord mercredi

Le Groupe des Dix, qui réunit patrons et syndicats, espère aboutir mercredi à un accord sur les négociations salariales, dont le coup d'envoi a été donné ce jeudi matin. C'est ce qu'ont indiqué le président de la FGTB et l'administrateur délégué de la FEB à l'issue de la première journée de concertation.

Une nouvelle réunion est d'ores et déjà prévue lundi. Patrons et syndicats se sont réunis une première fois afin d'aborder le rapport sur les salaires du Conseil central de l'Economie (CCE), qui a fixé la marge maximale d'évolution des salaires à 0,8% pour les deux années à venir, hors indexation de ceux-ci. Les partenaires sociaux doivent à présent déterminer quelle sera la norme salariale.

Les débats se sont déroulés dans un climat "constructif", à en croire Robert Vertenueil, président de la FGTB. "On est toujours dans la négociation. Il n'y a encore ni de fumée blanche, ni de fumée noire", a-t-il confié à la sortie de la négociation. A leur arrivée, les syndicats socialiste et libéral avaient pourtant laissé entendre que cette marge de 0,8% était insuffisante à leurs yeux. La CSC s'était, elle, abstenue de se positionner.

"Nous avons échangé nos points de vue et nous nous revoyons lundi, puis mercredi, avec l'objectif d'aller 'au finish' pour aboutir", a encore dit Robert Vertenueil. Même son de cloche du côté patronal, où Pieter Timmermans parle de "bonnes discussions" qui avancent progressivement vers le noyau dur des négociations. L'administrateur délégué de la FEB a pourtant prévenu jeudi matin qu'il entendait respecter la loi et ne pas dépasser cette marge maximale.

 


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