La récession de l'économie belge devrait être moins grave que prévu

D'après le Bureau du Plan, la consommation des particuliers devrait chuter de 8,7% cette année. ©REUTERS

Les nouvelles prévisions du Bureau du Plan laissent entrevoir une récession moins importante que prévu. L'impact sur l'emploi et le déficit sera toutefois majeur.

L’économie belge devrait encaisser une récession de l’ordre de 7,4% cette année. C’est ce qu’indique le Bureau du Plan dans son "budget économique", qui servira de scénario de référence pour la confection du prochain budget fédéral.

Dans son estimation de juin, le Plan parlait encore d’une croissance négative de 10,6% en 2020. La récession devrait donc être un peu moins grave qu’initialement prévu.

Retour de la croissance en 2021

C’est que, depuis le mois de juin, des pans entiers de l’économie ont été rouverts. Les résurgences du virus continuent toutefois d’affecter la confiance et freinent la dynamique de la reprise. En 2021, l’économie belge devrait renouer avec une croissance de 6,5% (contre 8,2% selon l’estimation de juin). Les chiffres belges sont un rien meilleurs que ceux de la zone euro, pour laquelle le Bureau du Plan prévoit une croissance négative de 7,9% en 2020 suivie d’un rebond de 5,7% en 2021.

82.000
emplois
Le Bureau du Plan prévoit la perte de 82.000 emplois en 2020 et 2021.

Ce scénario suppose que la reprise en Belgique et à l’étranger ne soit pas compromise par de nouvelles mesures de confinement généralisé.

De son côté, compte tenu de la révision à la hausse de la croissance, le ministre du Budget David Clarinval (MR) a demandé au Comité de monitoring (qui réunit des hauts fonctionnaires de différentes administrations fédérales) d’établir un nouveau rapport permettant de mesurer l’impact de ces nouvelles estimations macroéconomiques.

L'emploi trinque

En attendant, on peut déjà affirmer que l’impact de la crise sur l’emploi sera considérable. Le Plan table sur une perte de 26.900 postes de travail en 2020 et de 55.400 en 2021. Soit 82.000 emplois perdus sur les deux années. Le taux de chômage passerait quant à lui de 8,9% en 2019 à 10,7% en 2021.

Malgré l’ampleur du choc économique, le revenu disponible réel des particuliers résiste relativement bien en 2020 (-0,3%), notamment grâce aux mesures prises par les pouvoirs publics. L’extension du chômage temporaire avec relèvement de l’allocation pour les salariés, le droit passerelle et les primes pour les indépendants ont ainsi permis de limiter les pertes de revenus et d’emplois.

La consommation des particuliers devrait baisser de 8,7% en 2020.

En outre, l’inflation est nettement inférieure à l’indexation des salaires et des allocations sociales cette année.

Cela n’empêchera pas la consommation des particuliers de baisser de 8,7% en 2020. En cause, la détérioration de la confiance vu la crainte du chômage et la limitation des possibilités de consommation durant le confinement. Conséquence logique : le taux d’épargne des ménages atteindra un niveau historique de 20% cette année. Il reculera à 14,7% en 2021 tout en restant encore largement supérieur à son niveau de 2019 (12,9%).

La confiance en berne pèsera également sur les investissements des entreprises. Ceux-ci chuteront de 12,9% cette année avant de rebondir de 11,4% l’an prochain.

Déficit record

Ces nouvelles prévisions du Bureau du Plan ne sont pas assorties de prévisions budgétaires. Toutefois, selon de premières estimations qui circulent rue de la Loi, le déficit devrait atteindre 44,9 milliards d’euros en 2020 (10,2% du PIB) et 26 milliards d’euros en 2021 (5,4% du PIB). En juin dernier, le déficit avait été estimé à 47,5 milliards en 2020 et 27 milliards en 2021.

De son côté, le Comité de monitoring tient compte d’une série de facteurs supplémentaires. Dans son rapport de juillet dernier, il avançait un déficit de 52,7 milliards en 2020 et de 31,3 milliards en 2021. En tout état de cause, ce sont des montants jamais vus depuis la sombre période des années quatre-vingt.

Le déficit 2020 de la Fédération Wallonie-Bruxelles revu à la baisse

Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a revu à la baisse ses prévisions de déficit pour l'année 2020 suite au ralentissement moins sévère que prévu de la croissance de l'économie nationale cette année.

Sur base des derniers paramètres livrés par le Bureau du Plan, le déficit courant devrait en effet atteindre 1,59 milliard d'euros cette année. En juin dernier, le trou était encore évalué à 1,86 milliard d'euros. Le déficit de la FWB cette année n'en sera pas moins historique. A l'initial, avant la crise sanitaire donc, le gouvernement tablait sur un dérapage limité à un peu plus de 700 millions d'euros cette année.

Pour pouvoir faire face à des dépenses en hausse, notamment en raison de la crise sanitaire, la FWB a décidé de creuser sa dette. Lundi, son ministre du Budget, Frédéric Daerden (PS), avait indiqué que la Fédération prévoyait d'emprunter 2,3 milliards d'euros durant cette seule année 2020, ce qui devrait porter sa dette à quelque 10 milliards d'euros cette année, soit l'équivalent de ses recettes annuelles environ.

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