La reprise de l'économie belge va encore s’accélérer cet été

Le gouverneur de la BNB Pierre Wunsch s'est montré optimiste pour la reprise de l'économie belge. ©BELGA

La Banque nationale anticipe une croissance du PIB de 2% au troisième trimestre, ce qui laisse augurer une croissance de 5,5% pour 2021.

La reprise économique en Belgique devrait encore s’accélérer cet été, estime la Banque nationale (BNB) dans ses prévisions semestrielles. Le produit intérieur brut (PIB) devrait progresser de 2% au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent. Ce qui permet d’envisager une croissance de 5,5% sur l’ensemble de l’année 2021. C’est mieux que la moyenne de la zone euro (4,6%). En 2022, on devrait encore avoir 3,3% de croissance avant de revenir à 1,6% en 2023.

"Les dégâts structurels infligés à l'économie par cette crise de nature exogène sont, au final, relativement limités."
Pierre Wunsch
Gouverneur de la Banque nationale

"Les dégâts structurels infligés à l'économie par cette crise de nature exogène sont ,au final, relativement limités", résume le gouverneur de la Banque nationale Pierre Wunsch. D'après lui, l'économie belge aura retrouvé fin 2021 le niveau de PIB de fin 2019. Au total, le Covid-19 aura donc été synonyme de deux années perdues pour l'économie.

Trois raisons au moins expliquent la vigueur de la reprise en Belgique. Premièrement, les mesures restrictives ont été moins lourdes lors de la deuxième vague, contrairement à l’Allemagne par exemple, de sorte que l’industrie et la construction ont pu continuer à fonctionner presque normalement.

Deuxièmement, la demande extérieure s’est fortement redressée. Or la Belgique est une économie ouverte qui dépend de l’environnement international.

Troisièmement enfin, les investissements des entreprises ont été sous-estimés puisqu’ils sont déjà revenus au niveau d’avant-crise, grâce à une confiance retrouvée. Ces investissements concernent surtout la digitalisation et la recherche.

Le bas de laine des ménages

La croissance durant la deuxième partie de l’année s’appuiera davantage sur la consommation des ménages. Pourquoi? D’une part, parce que la campagne de vaccination est passée à la vitesse supérieure et, d’autre part, parce que les ménages belges ont épargné en 2020 un pactole de 25 milliards d’euros.

Ce montant ne sera cependant pas injecté en une seule fois dans l’économie. Les contraintes au niveau de l’offre (pénuries, délais de livraisons, etc.) ne le permettent pas.

+31.600
emplois
La BNB table sur la création de 31.600 emplois nets en 2019.

À cela s’ajoute que l’épargne est souvent accumulée par des revenus moyens ou élevés. Ces personnes ne vont pas intégralement réinjecter ces montants dans l’économie. Il faut aussi tenir compte du phénomène d’épargne de précaution, qui anticipe de possibles futures hausses d’impôts. Enfin, la Banque nationale pense qu’une partie de ces 25 milliards d’euros a déjà été réinvestie dans l’immobilier, soit pour des acquisitions, soit pour des rénovations.

Peu d'emplois perdus

L’emploi n’aura, en fin de compte, que relativement peu souffert de la crise, si on se limite aux seuls chiffres. Le dispositif de chômage temporaire a prouvé ici son utilité. Ainsi, quelque 800 emplois nets ont été perdus en 2020. Beaucoup de gens se sont reconvertis dans d’autres branches d’activités et certains se sont lancés comme indépendant.

Pour cette année, la BNB table sur la création de 31.600 emplois nets. En 2022, on retombera à 8.400 emplois pour ensuite rebondir à 32.100 emplois créés en 2023.

L'inflation et le budget

En dépit de tous ces indicateurs passés au vert, il reste deux principales ombres au tableau. Dans l’immédiat, il y a cette poussée d’inflation, alimentée par les tensions au niveau de l’offre. L’inflation montera à 2,2% en fin d’année. "Mais c’est un phénomène temporaire", relativise Pierre Wunsch.

À moyen terme, il faudra s'inquiéter des finances publiques. Le déficit abyssal de 9,4% en 2020 sera ramené à 6,8% en 2021, puis à 4% en 2022. Ce sont des niveaux qui ne sont pas tenables sur le long terme, prévient Pierre Wunsch. "Il faudra à un moment donné revenir à une trajectoire normale, mais pas trop rapidement pour ne pas fragiliser la croissance."

"Il va falloir se reconcentrer plus tôt que prévu sur les enjeux structurels."
Pierre Wunsch
Gouverneur de la Banque nationale

L'effort à faire n'est pas gigantesque, rassure le gouverneur. "Mais il faudra aller dans cette direction. Si on ne le fait pas, à la prochaine crise ou au prochain choc, on ne pourra pas mener de politique budgétaire contracyclique."

Réformes structurelles

Enfin, la reprise plus rapide et plus forte que prévu aura aussi pour conséquence de devoir "se reconcentrer plus tôt que prévu sur les enjeux structurels", suggère Pierre Wunsch.

Les principaux défis structurels de la Belgique sont un taux d'emploi toujours trop bas (il faut viser 80%), une progression trop faible de la productivité et la question climatique. "C'est l'un des domaines dans lequel il y a le plus à faire et pour lequel c'est le plus compliqué", admet le gouverneur. 

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