La sécheresse bouscule le cours du blé

©Kristof Vadino

Ce 2 août, sur Euronext Paris, la tonne de blé s'échange à plus de 200 euros la tonne. Un record depuis sa cotation en France. En cause: la sécheresse. Un signe encouragent pour certains producteurs de blé. Consommateurs, aucune incidence sur vos prix n'est à prévoir, pour l'instant.

Le cours du blé grimpe aussi vite que le thermomètre. Sur Euronext Paris, la tonne de blé gagnait ce jeudi 2 août:

  • 4,50 euros à 211,75 euros sur l'échéance de septembre.
  • 3,75 euros à 212,00 euros sur l'échéance de décembre.

 

"Un montant très important", précise Aurélie Noiret, conseillère au service d'études de la Fédération Wallonne de l'Agriculture (FWA). Depuis fin 2015, lorsque le blé est coté sur Euronext Paris, jamais le cours n'est monté si haut.

→ Côté rendements, selon l'International Grains Council, ils pourraient tomber à leur plus bas niveau depuis cinq ans.

La coupable: la sécheresse. Ces dernières semaines, plus la météo chauffait, plus les agriculteurs avaient des sueurs froides. 

Ailleurs aussi, la canicule a eu aussi des effets dévastateurs. 

En Europe, on va récolter 15 millions de tonnes de blé en moins. 17 millions de moins en Russie et quatre millions en Australie.
Etienne Ernoux
Président de la Commission Productions Végétales à la FWA

Deuxième producteur de céréales de l'Union européenne après la France, l'Allemagne devrait récolter 18 millions de tonnes de blé d'hiver en 2018, soit un recul de 25% par rapport à 2017.

Une aubaine pour certains producteurs

Paradoxalement, cette sécheresse ravit certains céréaliers. Lesquels? Ceux qui possèdent une importante exploitation et essentiellement centrée sur le production de blé. Une sécheresse qui leur sourit? Oui, car si les rendements sont moins importants que prévu, la tonne va s'échanger à des prix plus élevés que d'habitude (du moins, pour l'instant). "Je ne suis pas madame soleil, même s'il y en a beaucoup en ce moment, mais en 2018, l'offre ne sera pas à la hauteur de la demande", insiste Etienne Ernoux, président de la Commission Productions Végétales à la FWA. "Tout dépend du moment où l'on vend, évidemment. Actuellement, c'est très encourageant pour nous, producteurs."

15 à 20%
15 à 20%
La baisse de récolte globale est estimée entre 15 % et 20 % par rapport à 2017.

Le consommateur ne devrait pas voir de différence sur son ticket de caisse, "car les marges restent très importantes"

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