Publicité
Publicité

La Sécu, le gouffre et les trois solutions

©Photo News

Notre Sécu a un gros problème. Son déficit. Il est très important, tout le monde est d'accord. Mais sur la manière de renflouer ce trou de plus de 3 milliards d'euros, les différentes parties s'affrontent. L'idée des patrons, c'est un nouveau Pacte social.

On fait ce qu'on peut en affaires courantes mais le structurel relève du gouvernement de plein exercice.
Maggie De Block
Ministre des Affaires sociales et de la Santé

En juin dernier, les prévisions pointaient le déficit de la Sécurité sociale à 1,45 milliard d'euros pour 2019. On n'en est plus là. Le trou de la Sécu dépasse visiblement les trois milliards d'euros. Le comité de gestion de la Sécu, composé paritairement de représentants des organisations d'employeurs et des syndicats, se réunit ce vendredi. Après 3,055 milliards d'euros en 2019, le trou devrait s'élever à 3,5 milliards en 2020 avant de grimper à 6 milliards d'ici la fin de la nouvelle législature en 2024.

Pourquoi un tel dérapage? Principalement à cause du vieillissement. La facture des pensions, des soins de santé et des maladies/invalidités ne fait que gonfler. Que faire? À court terme, il est difficile de trouver des solutions. "On fait ce qu'on peut en affaires courantes, mais le structurel relève du gouvernement de plein exercice", comme le soulignait Maggie de Block. 

L'idée des syndicats 

Les syndicats réclament une augmentation des recettes pour financer la Sécu. Ils se plaignent de la multiplication des statuts fiscaux, comme celui des "flexijobs", qui ne génèrent pas de cotisations sociales liées au travail, disent-ils. Ils plaident pour la création de davantage d'emplois stables, capables de créer des cotisations sociales et sur la taxation accrue des revenus sur le capital, afin de refinancer la Sécu.

L'avis de la ministre

Maggie de Block n'est pas d'accord avec cette vision et l'a dit jeudi à la Chambre: "Les flexi-jobs rapportent environ 40 millions d’euros par an à la Sécurité sociale." Sa solution à elle passe par l'emploi. Elle estime que plutôt de créer des impôts nouveaux, comme le proposent les syndicats, il faut d’abord créer des emplois. "Où sont les propositions des syndicats pour mettre plus de gens au travail?"

Et la proposition des patrons

Pour les patrons, pour sauver la Sécu, il faut un nouveau Pacte social. Ils donnent leurs propositions ce vendredi matin, avant la réunion du comité de gestion.

Chaque partie doit toutefois être disposée à laisser tomber le 'chacun pour soi' au profit de l'intérêt général.
La FEB, l'Unizo, l'UCM et le Boerenbond

"Le postulat de base des syndicats est que les employeurs payeraient trop peu de cotisations en raison des nombreux 'cadeaux' reçus des gouvernements successifs: une baisse des charges avec le taxshift, des statuts spécifiques comme les flexi-jobs et le travail des étudiants et l'exonération d'un nombre inimaginable d'avantages salariaux", disent la FEB, l'Unizo, l'UCM et le Boerenbond. "Les employeurs versent certainement assez de cotisations à la sécurité sociale, comme l'indiquent d'ailleurs toutes les statistiques internationales. Nous sommes en effet champions du monde des charges sur le travail. Celles-ci devraient d'ailleurs précisément baisser pour maintenir la compétitivité de nos entreprises et stimuler la création d'emplois supplémentaires", argumentent les fédérations patronales.

Selon celles-ci, il faut tenir compte des véritables problèmes: "La croissance immodérée des dépenses (liée notamment au vieillissement de la population), le manque d'efficacité (cher n'est pas toujours synonyme de performant), la charge élevée sur le travail, le déficit budgétaire de 12 milliards d'euros, etc."

Comment faire? "Il est contre-productif de systématiquement remettre en question et contester les décisions prises concernant l'âge de la pension. L'allongement de l'espérance de vie est un fait. Il doit être suivi d'un allongement des carrières pour pouvoir continuer à payer les pensions."

"Nous devons sauver la sécurité sociale, mais nous ne le ferons pas en ignorant tous les points épineux", affirment les fédérations patronales. Elles plaident dès lors pour un nouveau Pacte social, dans lequel les partenaires sociaux définissent les lignes directrices pour l'avenir et pour les 75 prochaines années

"Nous sommes désireux d'en discuter avec les syndicats, mais dans un esprit d'ouverture et sans tabous. Chaque partie doit toutefois être disposée à laisser tomber le 'chacun pour soi' au profit de l'intérêt général. Nous tendons en tous cas la main", concluent la FEB, Unizo, l'UCM et Boerenbond. 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés