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La semaine de quatre jours "new look" divise la Vivaldi

Redistribuer le temps de travail traditionnel sur quatre jours aurait de nombreuses répercussions, notamment au niveau de la vie de famille. ©ANP

L'idée d'une semaine de quatre jours sans réduction du temps de travail est analysée par la Vivaldi. La proposition est toutefois loin de faire consensus.

Une proposition, issue d'un catalogue de 35 idées sur la réforme du marché du travail, agite la Vivaldi. Son objet? Permettre le passage à une semaine de quatre jours sans réduction du temps de travail. Autrement dit, le salarié presterait ses 36 heures traditionnelles en quatre jours, avec des journées de 9h30.

Pas question donc de réduction collective du temps travail sans perte salariale, comme le réclament certains partis de gauche et les syndicats mais bien d'une répartition des heures sur quatre jours. En soi, on mise donc ici plutôt sur une mesure de flexibilité.

Si elle passe la rampe, il s'agirait toutefois d'une petite révolution pour le monde du travail, et pour la vie privée des Belges. L'idée, visiblement amenée par l'Open Vld, a ses défenseurs et ses détracteurs.

Avantages et inconvénients

Avec sa journée supplémentaire de libre, le travailleur aurait la possibilité de revoir toute son organisation (tâches ménagères, loisirs...). Mais les parents, notamment, pourraient devoir trouver un autre mode de fonctionnement, pas toujours agréable: aller chercher les enfants plus tard à la crèche ou à l'école, voire trouver une aide pour la garde ou le transport des plus jeunes vers leurs activités.

Le concept permettrait de diminuer les déplacements domicile-travail, gain financier à la clef. Mais il impliquerait aussi la perte d'un chèque repas, pour ceux qui en bénéficient.

"Le jour de repos, tel qu'il est proposé dans cette formule-là, il sera nécessaire pour se remettre des heures prestées les jours précédents."
Zakia Khattabi
Ministre Écolo de l'Environnement et du Climat

La crise sanitaire, avec le télétravail imposé, a déjà forcé une réorganisation des journées. Le nombre important de burn out plaide aussi pour un changement des habitudes. N'est-ce pas le moment de pousser plus loin?

Pas d'accord!

Au sein du gouvernement, on est loin d'aboutir à un accord sur ce remaniement. Certains partis se montrent mal à l'aise avec cette proposition. Le ministre fédéral de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne (PS), défend plutôt l'idée d'une réduction collective du temps de travail, sans perte de salaire.

Zakia Khattabi, la ministre de l'Environnement, a lancé, sur Bel RTL: "Le jour de repos, tel qu'il est proposé dans cette formule-là, il sera nécessaire pour se remettre des heures prestées les jours précédents".

Le gouvernement prévoit de consulter les partenaires sociaux si la piste passe le cap des négociations. Côté syndical, on a déjà prévenu que ça ne pourrait pas se faire de façon généralisée, mais qu'il faudrait réfléchir par secteur. Les shifts et les métiers lourds se prêtent, de prime abord, mal à une réorganisation sur quatre jours. Ce serait aussi compliqué pour les enseignants du primaire. En outre, regrettent les syndicats, il n'y aurait pas de création d'emplois à la clef.

La FEB refuse la réduction collective du temps de travail avec maintien du salaire, mais pas une plus grande flexibilité. "Mais nous souhaiterions qu'elle s'applique à la fois à l'employé et à l'employeur et qu'elle fasse l'objet d'une consultation mutuelle", indique Monica De Jonghe, sa directrice générale. "Répartir un temps plein sur quatre jours pourrait être une solution pour les femmes qui doivent trop souvent prendre des temps partiels pour combiner vie professionnelle et vie familiale."

"Une solution pour le secteur du commerce de détail"

Le SNI (Syndicat neutre pour indépendants) se montre plutôt favorable à cette idée, mais ne souhaite pas qu'il soit obligatoire. "Cela peut notamment être une solution pour le secteur du commerce de détail. Aujourd'hui, un employé dans un magasin peut travailler un maximum de neuf heures. En travaillant une demi-heure de plus, l'employé obtiendrait un jour de repos supplémentaire. Cela pourrait être un atout pour faciliter la recherche de personnel."

Une question de religion

1908
La semaine de cinq jours date du début du XXe siècle et avait été instituée pour des raisons religieuses.

Si l'économie traditionnelle est basée sur des semaines scindées sur un rythme 5-2, cette conception correspond à des exigences surannées. Longtemps, on a travaillé six jours par semaine. Pour les catholiques, le jour de repos est le dimanche. Pour les juifs, c'est le samedi.

En 1908, une usine de la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis, a décidé de contenter un maximum de travailleurs en instituant les deux jours de congé. Avec la Grande Dépression, ce système, permettant de créer de l'emploi, s'est répandu. Plus de 100 ans plus tard, il est toujours la norme...

Le résumé

  • Le gouvernement Vivaldi étudie des pistes pour réformer le marché du travail.
  • L'Open VLD propose la semaine de 36 heures réparties sur quatre jours de travail.
  • Le ministre de l'Économie, Pierre-Yves Dermagne, défend, lui, une réduction collective du temps de travail, sans perte de salaire.
  • Les partenaires sociaux ont déjà leur idée sur la question.

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