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La SFPI prête à investir sur le site de Caterpillar Gosselies

Koen Van Loo, le CEO de la SFPI lors de la mission économique belge en Argentine ©BELGA

Le bras financier de l’Etat fédéral boucle un exercice record. Et son CEO se dit prêt à libérer jusqu’à 50 millions pour aider la reconversion carolo.

On n’a que le bien que l’on se fait, c’est bien connu. À cet exercice-là, le patron de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI) Koen Van Loo aurait tort de se priver. Le bras financier de l’Etat fédéral boucle en effet un exercice 2017 record, tant au niveau du montant total de son portefeuille d’actifs que de la hauteur de ses bénéfices. "C’est réellement une belle performance qui s’inscrit dans la continuité", relève Koen Van Loo, qui termine son second mandat et espère décrocher un nouveau bail de six ans.

Le résultat structurel de la SFPI est "meilleur que jamais" puisque le bénéfice net 2017 est de 115 millions d’euros pour un portefeuille total d’actifs de l’ordre de 2,25 milliards d’euros. "C’est une croissance avec bénéfice ininterrompue depuis 2006", se félicite le CEO. En douze ans, la hauteur des actifs et participations de la SFPI a été triplée puisqu’elle pointait à 800 millions d’euros en 2006. À noter que les missions déléguées de la SFPI ne sont pas inscrites sur son bilan: Belfius, Ethias, Dexia et BNP, dont la SFPI gère les parts de l’Etat belge entre autres depuis la crise financière de 2008, sont à la marge du bilan et pèsent environ 15 milliards d’euros. Pour Koen Van Loo, "la SFPI a prouvé que ce mécanisme des missions déléguées permet d’agir vite et bien et de lever des fonds très rapidement en cas de problème si des opérations financières urgentes se présentent. Il est important de préserver cette capacité de levier financier."

"L’IPO de Belfius doit se faire. Les retards sont durs à encaisser mais on ne doit pas lâcher."
Koen Van Loo
CEO de la SFPI

Creusons un instant les raisons de l’exercice record: les résultats de la SFPI dépendent des dividendes reçus sur investissements et des plus-values réalisées lorsque l’opérateur se retire. Les trois participations majeures de la SFPI ont particulièrement bien performé en 2017: bpost (70,49 millions), Brussels Airport (30 millions) et BNP (10 millions) pèsent lourd au niveau des dividendes,

Euronext et Fluxys, également. Rayon plus-values, la SFPI a fait un carton avec le rachat d’Ogeda par le japonais Astellas et sort de l’opération avec un bénéfice de l’ordre de 12,5 millions d’euros.

Un fonds de fonds

La SFPI, structure naine puisqu’elle tourne avec une vingtaine de collaborateurs, a bien l’intention de croître avec à terme une trentaine d’experts. Toutefois, note son patron, "nous demeurons des généralistes dans un monde d’ultra-niches qui se spécialisent de plus en plus loin". La SFPI a donc pris le pas de devenir de plus en plus "un fonds de fonds" et de s’appuyer sur les fonds ultraspécialisés à l’image de ce qui se fait en biotech. Ainsi, l’opérateur public est-il actuellement présent dans une trentaine de fonds d’investissements dont cinq à l’étranger: Inde, Chine et Brésil (lire par ailleurs). L’idée est de continuer la conquête de parts de marché à l’étranger en étudiant par exemple les opportunités en Afrique du Sud ou au Pérou.

Et qu’est-ce que ça rapporte au contribuable belge, tout ça? Un quart de tous les bénéfices réalisés par la SFPI va directement dans la caisse du budget de Sophie Wilmès. Cette année, celle-ci peut donc tabler sur 28,8 millions d’euros de la part de Koen Van Loo. La norme de 25% a été fixée dans le contrat de gestion de la SFPI qui, par ailleurs, n’est toujours pas signé par le ministre des Finances Johan Van Overtveldt.

800 millions de trésor de guerre

Comme vous comptez vite, vous aurez donc compris que la SFPI est assise sur un paquet d’argent, un trésor de guerre amassé au gré des années et évalué aujourd’hui à 800 millions d’euros. "Il est important de garder cette marge de manœuvre flexible pour opérer nos mouvements", insiste Koen Van Loo. La SFPI agit donc dans plusieurs directions. Un fonds dédié aux infrastructures, auquel le Premier ministre Charles Michel accorde beaucoup d’importance, est mis en place en partenariat avec AG et Synatom: l’Etat y mettra 50 millions d’euros. Un "fonds" est également mis en place pour aider les entreprises belges à grandir et éviter que dans une deuxième phase, elles ne soient obligées de recourir aux marchés étrangers pour leur développement.

Un coup d’œil à présent sur quelques dossiers symboliques dans lesquels la SFPI intervient.

Bpost. L’action a pris un coup dernièrement mais cela n’a pas du tout impacté la SFPI, au contraire. "Il faut à présent que bpost avance vers les services de livraison, c’est la voie à suivre pour le développement", souligne Koen Van Loo.

Brussels Airport. "C’est mon asset préféré, confie Koen Van Loo. La participation de l’Etat y est stratégique, c’est la porte d’entrée la plus importante du pays au centre de l’Europe. En outre, c’est très rentable." L’Etat fédéral dispose de 25% des parts, la valeur d’acquisition en 2005 était de 160 millions d’euros mais la valorisation actuelle de l’aéroport tourne autour des 4 milliards. Question: tout le monde sait que les Australiens de Macquarrie veulent revendre leurs parts, l’Etat doit-il les reprendre? "Non, répond Koen Van Loo. D’abord, ce serait trop cher. Ensuite, monter au-dessus de 25% ne nous donnerait pas de droit supplémentaire."

Sur l’aérien, encore. Koen Van Loo estime que la SFPI pourrait intervenir à l’aéroport de Charleroi et reprendre certaines participations mais, dit-il, "il faudra un consensus large". Pas certain que les partis flamands aient envie de voir la SFPI booster Charleroi. La SFPI est néanmoins intervenue, aux côtés de la SRIW, dans le tour de table pour le financement d’Air Belgium à hauteur de 2,5 millions d’euros. "C’est un risque, reconnaît Koen Van Loo, mais nous sommes là aussi pour cela et en termes de retours, il y a des emplois à la clé."

À Charleroi. La SFPI est prête à engager un chèque de l’ordre de 30 à 50 millions d’euros, aux côtés de la Sogepa qui se serait déjà engagée à hauteur de 150 millions d’euros, pour aider à la reconversion de Caterpillar Gosselies et convaincre des opérateurs chinois de venir installer une unité de production de véhicules électriques.

Un dernier mot sur Belfius. Il souffle: "Cette IPO doit se faire. Les retards sont durs à encaisser mais on ne doit pas lâcher."

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