Le 2e confinement a un impact moindre et plus ciblé sur les entreprises

Le confinement actuel frappe à nouveau plus lourdement les indépendants et les petites entreprises, pointe l'ERMG. ©BELGA

La perte de chiffre d'affaires que subissent aujourd'hui les entreprises est moitié moins lourde que lors du premier confinement. Pour la suite, le pessimisme est de mise, surtout à Bruxelles et en Wallonie.

C'est moins grave qu'en début d'année mais c'est toujours très compliqué pour les entreprises belges aujourd'hui. Le nouveau confinement fait baisser les rentrées de 17% en moyenne en ce mois de novembre par rapport à la normale. C'est l'un des enseignements de la dernière enquête de l'Economic Risk Management Group (ERMG) publiée mardi. Ce groupe de travail est chargé par le gouvernement fédéral de mesurer l’impact de la crise.

Un recul de 17% du chiffre d'affaires, c'est énorme mais ce n'est toutefois "que" la moitié de la perte de chiffre d'affaires enregistrée lors du premier confinement de mars et avril. Par contre, c'est une dégradation de 3 points de pourcentage par rapport au plateau qu'ont connu les entreprises entre le deux confinements.

L'économie belge a en effet connu une phase de récupération progressive et partielle de mai à août, après le point bas (recule de 36% des ventes début avril), puis stagné en septembre et octobre (à -14%) , avant que le confinement ne tire à nouveau les volumes vers le bas, de manière toutefois modérée jusqu'à présent.

-17%
baisse moyenne du chiffre d'affaires
En moyenne, les entreprises ont vu leurs ventes reculer de 17% avec le deuxième confinement. Pour 2021, elles tablent sur un chiffre d'affaires inférieur de 12% à la moyenne.

©Banque Nationale de Belgique

Les mêmes secteurs touchés

Ce chiffre moyen cache des situations très variables d'un secteur d'activité à l'autre. Les secteurs les plus touchés au printemps font à nouveau état d'un impact fortement négatif sur leur chiffre d'affaires. Il s'agit des secteurs de la vente au détail non alimentaire, des activités immobilières, de l'horeca et des arts, spectacles et services récréatifs. Les deux derniers sont toujours les plus touchés, avec des pertes de chiffre d'affaires de respectivement 66 et 77%.

Pour la culture et l'horeca, la perte de chiffre d'affaires est toutefois un peu moins lourde qu'au printemps (surtout dans le secteur horeca), "ce qui peut être le résultat d'une utilisation plus intensive de vente et de commande en ligne", analyse l'ERMG.

Dans l'horeca, la perte de chiffre d'affaires est un peu moins lourde qu'au printemps, "ce qui peut être le résultat d'une utilisation plus intensive de vente et de commande en ligne.."
Economic risk management group

Les autres secteurs n'ont pas connu de chute brutale en novembre. Dans l'industrie, la construction, les services de support, le transport et la logistique, la finance (un ensemble de secteurs qui représentent plus de 70 % de la valeur ajoutée des secteurs pris en compte dans le cadre de cette enquête), la baisse du chiffre d'affaires est "similaire à celle qui a été enregistrée en octobre et inférieure à celle qui avait été observée lors du premier confinement", situe l'ERMG. "Pour ces secteurs, la faiblesse de la demande reste le facteur le plus déterminant."

Perspectives plus sombres

Si les autres secteurs sont en moyenne dans un situation moins critique, leurs perspectives de ventes se sont toutefois assombries pour le trimestre dans son semble mais aussi pour l'année à venir. Les entreprises sondées s’attendent en effet à ce que leur volumes soient inférieurs de 16 % à la normale au 4e trimestre 2020, et de 12% en 2021 encore.

L'enquête, la quinzième du genre depuis mars dernier, a été réalisée la semaine dernière par plusieurs fédérations d’entreprises et d’indépendants (BECI, UCM, UNIZO, UWE et VOKA), et coordonnée par la Banque nationale (BNB) et par la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

La part des entreprises considérant une faillite probable à très probable dans les semaines ou les mois à venir a rapidement augmenté avec le confinement, passant de 8% en octobre à 12% en novembre. Ce chiffre n'est jamais été aussi élevé depuis la première enquête, en mars dernier. A noter, le pessimisme des entreprises est nettement plus marqué à Bruxelles (25% des entreprises interrogées) et en Wallonie (proche de 25%) qu'en Flandre où il n'atteint pas les 10%.

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