Le Belge moins dépensier quand la Bourse baisse

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Une baisse des cours des actions a plus d’impact sur le comportement dépensier des particuliers en Belgique, qu’une hausse. C’est ce qu’observe ING en marge de son enquête mensuelle visant à établir son baromètre.

En marge de son enquête mensuelle menée par Kantar TNS à l’initiative d’ING en collaboration avec l’université de Gand, et visant à établir son traditionnel baromètre, la banque a cherché à mieux cerner le comportement des épargnants belges face aux fluctuations des cours des actions qu’ils détiennent.

Parmi les points principaux retenus, ING observe que globalement, les investisseurs font preuve de patience. Ils ont bien conscience qu’un investissement est une question de long terme. C’est le cas pour 79% des sondés. 75% disent investir de l’argent dont ils n’auront pas besoin dans les 12 prochains mois. Et les autres 25%? De toute évidence, ils comptent parmi ceux qui sont parfois contraints de vendre en subissant des pertes, afin d’avoir de l’argent disponible pour l’une ou l’autre dépense. 23% des particuliers qui ont répondu à l’enquête avouent s’être retrouvés dans cette situation.

Les jeunes plus réactifs

"Une baisse de la valeur du portefeuille a de toute évidence plus d’impact que l’inverse."
Peter Vanden Houte
Chef économiste auprès de la banque ING

Sur la question de savoir si une hausse de la valeur du patrimoine financier causée par des marchés d’actions bien orientés favorise la consommation, l’enquête nous indique que l’effet est plutôt mitigé en Belgique. À peine 14% des personnes interrogées répondent par l’affirmative.

Si les investisseurs âgés paraissent en général moins sensibles aux variations de la valeur de leur portefeuille au niveau de leurs dépenses, c’est par contre moins le cas parmi les investisseurs de moins de 45 ans. 25% de ceux-ci indiquent qu’ils ont tendance à dépenser plus si leurs investissements se portent bien. Mais si ce n’est pas le cas, ils sont alors 29% à affirmer qu’ils réduiraient leur consommation.

"Une baisse de la valeur du portefeuille a de toute évidence plus d’impact que l’inverse", constate Peter Vanden Houte, chef économiste auprès de la banque ING (Belgique), ajoutant qu’"une fois encore, cet effet est à nouveau le plus important chez les jeunes".

97
Toujours confiné sous le niveau des 100 points, le baromètre ING (Belgique) démontre que l’investisseur particulier en Belgique privilégie toujours la prudence.

Concernant le baromètre des investisseurs, celui qui mesure la confiance des investisseurs belges particuliers en actions, il est pour le 3e mois d’affilée resté sous le niveau neutre (100 points). Ce niveau prouve que les investisseurs optent toujours pour une certaine prudence. Il fait néanmoins ressortir une légère amélioration du moral des particuliers. Il a en effet repris 2 petits points, pour s’établir à 97. Mais depuis le plus haut point de l’année atteint en avril à 108 points, l’écart n’est reste pas moins sensible.

Que s’est-il passé ces derniers mois pour expliquer cette évolution peu emballante du baromètre ING des investisseurs? Tout d’abord, on ne peut que constater qu’après avoir touché un plus haut de 3.860,2 points le 16 avril dernier, l’indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles était revenu en juillet aux alentours de 3.500 points. Cela a probablement pesé sur le moral des investisseurs.

La Flandre a moins le moral que le Sud du pays

Dans le même temps, le sentiment des épargnants belges concernant la conjoncture s’est dégradé. Les sondés à tabler sur une amélioration de la situation économique ne sont plus que 16% en juillet contre 22% en avril. Et ceux qui craignent une détérioration sont à présent 34% contre 27% en avril.

"Les francophones sont 33% à tabler sur une hausse de la Bourse contre 21% du côté néerlandophone".
Peter Vanden Houte

Les écarts sont moins sensibles sur la question de l’orientation de la Bourse dans les trois prochains mois. Il reste que 32% des sondés craignent une baisse des cours des actions, contre 25% qui pensent le contraire. "Détail surprenant, souligne Peter Vanden Houte, les francophones sont 33% à tabler sur une hausse de la Bourse contre 21% du côté néerlandophone".

Cela tient sans doute au moindre optimisme des Néerlandophones sur le plan conjoncturel. 36% d’entre eux voient le ciel économique s’assombrir, alors que du côté des francophones, ils sont seulement 29%. Vu l’environnement économique actuellement incertain, le fait que la Flandre soit plus industrialisée que la Wallonie peut expliquer cette évolution. La Flandre est par ailleurs plus exposée à la menace du Brexit que le Sud du pays.

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