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Le chômage, témoin des changements économiques et sociétaux

L'évolution du chômage est le reflet des aléas de la conjoncture et des changements réglementaires. ©Photo News

De la grippe espagnole au Covid, l’ONEM passe en revue 100 ans d’assurance chômage en Belgique.

Toutes proportions gardées, le pic de 514.195 chômeurs enregistré en 2020, en pleine pandémie, est comparable à celui enregistré un siècle plus tôt, lors de l’épidémie de grippe espagnole en 1921. Le constat émane de l’ONEM (l’office national de l’emploi) dans une étude qui passe en revue cent ans d’assurance chômage en Belgique. Les changements sociétaux, économiques et réglementaires ont eu un impact sur le nombre de chômeurs et les allocations versées. On observe à cet égard plusieurs dates-clés.

1920

En 1920, le Fonds national de crise pour les chômeurs de longue durée est créé. Ce fonds a pour but de compléter les allocations fournies par les caisses de chômage syndicales dans les cas où les chômeurs ont épuisé leurs droits ou si la caisse de chômage n'a plus de budget. Après la grippe espagnole, la situation économique s'améliore rapidement. Ce sont les "roaring twenties". Le chômage le plus bas en cent ans est enregistré en 1923, avec 17.501 allocations par mois.

1929

L’euphorie est stoppée net par le krach boursier de 1929, suivi de la Grande Dépression des années 1930. La crise provoque un chômage de masse, avec des pics du nombre d'allocations en 1932 et 1940. L'Office national du placement et du chômage (ONPC) est fondé en 1935, première institution publique compétente en matière de chômage et prédécesseur juridique de l'ONEM.

1944

Bien que l'ONPC ait été aboli pendant la guerre, les employeurs et les syndicats ont organisé secrètement la sécurité sociale. Un arrêté-loi est proposé le 28 décembre 1944 afin d'établir une assurance sociale obligatoire. En conséquence, le taux de couverture de l'assurance chômage par rapport à la population totale passe de 15% en 1944 à 22% en 1946. Les ressources de la sécurité sociale proviennent des cotisations des employeurs et des travailleurs ainsi que des subventions de l'État. À partir de 1968, l’accès à l'assurance chômage est également possible pour les jeunes.

1975
1975 constitue une année-charnière: le nombre d'allocations fait plus que doubler et ne reviendra plus jamais au niveau d'avant la crise pétrolière.

1975

1975 est une année-charnière. La période précédant 1975 se caractérise par beaucoup de turbulences, avec de nombreux pics et creux, mais à un niveau modeste. Globalement, le nombre moyen d’allocations par an reste bien inférieur à 500.000. À partir de 1975, les effets du premier choc pétrolier se font sentir sur l’emploi. Au cours de la décennie suivante, le nombre d'allocations fait plus que doubler pour dépasser la barre de 1 million. Dans la période 1986-2020, il n’y a que quelques années qui affichent un nombre inférieur à 1 million.

Les années 2000 voient l'apparition d'une panoplie de régimes d’interruption de carrière et de travail à temps partiel.

1989

La troisième réforme de l'État prévoit une répartition des compétences de l'ONEM. L'ONEM conserve sa compétence en matière d'assurance chômage, tandis que les compétences en matière de placement et de formation professionnelle sont transférées aux Régions et aux Communautés.

2000

Jusqu’au premier choc pétrolier, les allocations étaient destinées aux chômeurs complets demandeurs d’emploi et aux chômeurs temporaires. Avec la détérioration de la conjoncture, les profils des allocataires se diversifient. Les prépensions notamment sont utilisées à grande échelle. À partir des années 2000, on y ajoute toute une panoplie de régimes d’interruption de carrière et de travail à temps partiel.

1.312.796
allocations de chômage
Le pic absolu du nombre d’allocations versées par l’ONEM est atteint en 2009 avec 1.312.796 allocations en moyenne par mois.

2009

Dans la foulée de la crise bancaire et financière, le pic absolu du nombre d’allocations versées par l’ONEM est atteint en 2009 avec 1.312.796 allocations en moyenne par mois.

2020

Avec la crise du coronavirus, les chômeurs temporaires constituent à nouveau le plus grand groupe d'allocataires auprès de l’ONEM.

Le résumé

  • Les changements sociétaux, économiques et réglementaires ont eu un impact sur le nombre de chômeurs et les allocations versées.
  • 1975 constitue une année-charnière: le nombre d'allocations fait plus que doubler et ne reviendra plus jamais au niveau d'avant la crise pétrolière.
  • Avec la crise du coronavirus, les chômeurs temporaires constituent à nouveau le plus grand groupe d'allocataires auprès de l’ONEM.

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