Le chômage temporaire a entraîné un surcoût de 4 milliards d'euros

Fermé pendant la plus grande partie de l'année 2020, l'horeca a dû massivement faire appel au chômage temporaire. ©Kristof Vadino

En 2020, une moyenne de 514.000 salariés par mois étaient en chômage temporaire, et ce, pour un coût presque aussi important que celui du chômage ordinaire.

Pour pouvoir maintenir la tête hors de l'eau, les entreprises ont massivement fait appel au chômage temporaire. En 2020, l'Office national de l'emploi (ONEM) a versé une allocation de chômage temporaire à 514.000 salariés en moyenne tous les mois. Lors du premier confinement, en avril dernier, un sommet de 1,2 million de chômeurs temporaires avait été atteint. Ce soutien massif a coûté la bagatelle de 4,3 milliards d'euros.

4,3 milliards
d'euros
Le chômage temporaire a coûté 4,3 milliards d'euros en 2020 contre 367 millions en 2019.

Le chômage temporaire offre plusieurs avantages: l’entreprise conserve ses employés, mais elle ne doit plus leur verser de salaire, puisque celui-ci est couvert par les pouvoirs publics. Le dispositif aide les entreprises à mieux traverser une période économique difficile. En principe, elles doivent remplir des conditions strictes pour pouvoir bénéficier du système, mais compte tenu de l’intensité de la crise du Covid, ces garde-fous ont été en grande partie supprimés.

Une facture qui grimpe de plus de 1.000%

Si on compare les chiffres 2020 avec ceux de l’année précédente, on comprend mieux à quel point on vient de vivre une situation tout à fait exceptionnelle. En 2019, on totalisait moins de 99.003 salariés en moyenne par mois en régime de chômage temporaire. Ce qui avait coûté 367 millions d’euros à l’Onem. En 2020, le nombre moyen de bénéficiaires est passé à 514.195 par mois, ce qui représente une progression de 420%. Le coût que cela représente (4,3 milliards) a bondi de plus de 1.000%.

Si le coût a augmenté beaucoup plus rapidement que le nombre de bénéficiaires, c’est parce que les périodes de chômage temporaire étaient plus longues en 2020 qu’en 2019. À cela s’ajoute que les pouvoirs publics se sont montrés plus généreux. En temps normal, l’indemnité couvre 65% du dernier salaire. En raison des circonstances exceptionnelles de la crise sanitaire, cette proportion a été relevée à 70%, tout en prévoyant un plafond de 1.930 euros bruts par mois.

Pour 2021, on s'attend à ce que certains chômeurs temporaires viennent grossir les rangs des chômeurs ordinaires.

Doublement du budget chômage

On observe par ailleurs que le montant de 4,3 milliards d’euros dégagé pour le chômage temporaire correspond grosso modo à ce qui a été déboursé pour toutes les autres catégories de chômeurs, y compris les prépensionnés. Tous ces autres types de chômage ont coûté 4,7 milliards d’euros. La crise du Covid est donc responsable d’un quasi doublement du budget du chômage.

31
mars 2021
Les entreprises peuvent faire appel au chômage temporaire dans sa version assouplie jusqu'au 31 mars 2021.

Si on fait abstraction du chômage temporaire, le nombre de chômeurs indemnisés a même légèrement diminué l’an dernier, passant de 391.000 à 378.000 (-3,3%). Pour cette année en revanche, on s’attend à ce certains chômeurs temporaires perdent définitivement leur emploi et viennent grossir les rangs des chômeurs ordinaires.

En principe, les entreprises peuvent encore faire appel au chômage temporaire, dans sa version assouplie au niveau des critères d'attribution, jusqu'au 31 mars. Après cette date, ce seront à nouveau les règles normales qui seront d'application. Les syndicats et les employeurs ont toutefois demandé au ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS) de prolonger les règles souples. La FEB a ainsi suggéré une prolongation jusqu'à fin septembre du chômage temporaire dans sa version Covid.

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