Le chômeur temporaire a perdu 858 euros en moyenne en 2020

Le travailleur de l'horeca a perdu en moyenne 1.496 euros de revenu net en 2020. ©Kristof Vadino

Plus d’un salarié sur trois a subi en 2020 une perte de revenu suite au Covid. Les plus touchés sont ceux qui sont sous contrat flexi-job.

En avril 2020, au premier confinement, plus de 900.000 salariés étaient en chômage temporaire. Ce chiffre est redescendu à 257.000 en septembre avant de repasser la barre des 400.000 lors de la deuxième vague en novembre (soit 10% de l’ensemble des salariés). Ces personnes ont subi une perte de revenu de 858 euros en moyenne sur l’année, d’après une étude réalisée par une équipe de chercheurs de la KU Leuven sous la direction du professeur André Decoster.

La perte de revenu est très inégalement répartie. En 2020, 65% des salariés n’ont subi aucune perte de revenu. Ce qui signifie que les pertes de revenus se concentrent sur les 35% restants.

Chaque chômeur temporaire a perdu en moyenne 15% de son salaire annuel brut, soit 5.630 euros.

Chaque salarié concerné a perdu en moyenne 15% de son salaire annuel brut, soit 5.630 euros. Après correction par les stabilisateurs automatiques (chômage, prime spéciale du gouvernement, etc.), la perte en revenu disponible est de 858 euros en moyenne sur l’année.

Là aussi, certains ont été davantage touchés que d’autres selon la durée de l’inactivité. Pour les 10% les plus touchés, la perte de revenu brut monte à 12.000 euros sur l’année, soit 2.000 euros en revenu disponible.

L’horeca et l’événementiel

L’horeca et l’événementiel sont les secteurs les plus touchés. La durée moyenne d’inactivité a été de 111 jours pour un travailleur de l’horeca et de 59 jours pour son collègue de l’événementiel. Le travailleur de l’horeca a ainsi perdu en moyenne 11.750 euros en revenu brut sur l’année (1.496 euros en revenu disponible) et celui de l’événementiel 6.361 euros (922 euros en net).

La durée moyenne d’inactivité a été de 111 jours pour un travailleur de l’horeca et de 59 jours dans l’événementiel.

Pour les chômeurs temporaires de longue durée (plus de 52 jours entre mars et décembre 2020), le gouvernement a versé une prime unique de minimum 150 euros brut. Celle-ci sera complétée par une autre prime, cette fois de 780 euros brut maximum, pour les salaires les plus bas qui ne travaillent toujours pas au 1er mars 2021.

Flexi-jobs

Ceux qui travaillaient dans le cadre d’un flexi-job sont les plus exposés aux conséquences de la crise. Ces contrats flexibles sont généralement proposés dans l’horeca et le commerce de détail. Le plus souvent, ce sont des salariés qui n’ont pas un horaire complet et qui décident de prendre un flexi-job en complément. Or les flexi-jobs ne sont pas couverts par l’assurance chômage.

30%
Pour les chômeurs temporaires qui ont en même temps perdu leur flexi-job, la perte de revenu net monte à 30%.

Pour ceux qui se sont retrouvés en chômage temporaire et qui ont en même temps perdu leur flexi-job, la perte de revenu net monte à 30%. "Les baisses de charges proposées comme incitant pour régulariser du travail souvent presté en noir se retournent ainsi comme un boomerang contre les travailleurs", indiquent les auteurs de l’étude.

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