Le come-back de l'industrie belge

©Peter Hilz

L'emploi dans le secteur industriel reprend une courbe ascendante. Ce n'était plus arrivé depuis près de 5 ans. Alors, est-ce une simple variation de saison ou le signe d'une reprise durable des affaires? Analyse.

L'industrie belge reprend des couleurs. Après 18 trimestres de casse, le secteur a réussi à créer de l'emploi. Au premier trimestre 2016, la différence entre la création et la destruction de jobs était positive avec 700 créations d'emploi selon les chiffres de l'Institut des Comptes nationaux (ICN). Une bonne nouvelle au regard des 40.000 emplois supprimés depuis 2011.

Et le secteur industriel a retrouvé le sourire, c'est essentiellement grâce aux bonnes performances des entreprises technologiques. Le CEO d'Agoria, la fédération de l'industrie technologie, est lui-même surpris par la bonne tenue de ses membres. "Au premier trimestre, le nombre d'emplois a augmenté de 2.000 unités dans nos entreprises, ce qui est plus qu'attendu", a précisé Marc Lambotte à nos confrères du journal "De Tijd". "Nous voyons une hausse claire dans le secteur de l'information et des technologies de la communication. "Le secteur de la construction de machines et celui du traitement des métaux suivent la même tendance", explique encore le patron d'Agoria, une structure qui représente près de 275.000 emplois en Belgique, soit la moitié des postes de l'industrie belge.

Les autres secteur montrent également un regain d'activité. Ainsi, après les statu quo enregistrés en 2014 et en 2015 dans l'industrie chimique, Essencia, le porte-drapeau du secteur, note un rebond au premier trimestre 2016. Idem pour les entreprises textiles qui maintient actuellement le niveau de l'emploi au même stade que celui constaté début 2015.

Pourquoi ce retour en grâce

©MICHELE D'OTTAVIO_BELGAPLUS

Deux raisons expliquent principalement le retour des beaux jours dans l'industrie. Les fédérations sectorielles sont unanimes pour dire que les mesures prises par le Fédéral pour limiter le coût du travail mènent petit à petit à une meilleure compétitivité de leurs entreprises. La Banque nationale s'attend même à ce que l'handicap du coût salarial que la Belgique traîne depuis 1996 par rapport à nos voisins disparaisse. En 2013, il était encore de 4,1% par rapport à l'Allemagne, la France et les Pays-Bas.

L'autre explication est à trouver au niveau européen. La reprise de l'économie sur le Vieux Continent est une donnée primordiale pour les industries belges, sachant par exemple que 80% du chiffre d'affaires du secteur chimique ou celui du textile ne doit son salut à l'exportation. Essencia souligne également que la demande internationale se tourne principalement sur des produits d'innovation, comme du matériel léger pour l'industrie automobile ou l'industrie aéronautique.

Un rebond durable?

Les créations d'emploi sont-elles parties pour durer? Chez Agoria, on préfère rester optimiste. "Nous croyons que c'est le début d'une nouvelle tendance. Si le gouvernement poursuit sa politique, nous prévoyons 10.000 jobs supplémentaires chez les membres d'Agoria d'ici 2020", souligne Marc Lambotte. Les représentants du secteur textile ne se projettent pas aussi loin. Pour eux, l'urgence s'appelle Brexit. L'impact du vote britannique pour un retrait de l'Union européenne risque de coûter cher à un secteur très dépendant du Royaume-Uni. La fédération sectorielle espère garder l'équilibre au niveau des emplois pour l'année en cours et ne s'aventure pas plus loin dans ses prévisions. 

© /Hollandse Hoogte

Le Bureau fédéral du Plan est encore mieux optimiste. Selon ses prévisions, l'emploi va diminuer de 18.000 unités entre 2015 et 2021. La raison? La productivité belge augmente plus vite l'activité même, ce qui permet aux industries de faire plus avec moins de main-d’œuvre. Les embauches sont plutôt à aller chercher dans le secteur des services, selon le Bureau du Plan.

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