Le Covid-19 rend la facture du vieillissement plus douloureuse encore

Philippe Donnay, directeur du Bureau fédéral du plan, insiste sur l'importance de la croissance pour "maintenir la soutenablité de notre modèle social". ©Photo News

La crise entraîne une contraction du PIB et une baisse de la fécondité pesant sur le ratio entre dépenses sociales et création de richesses.

La crise du Covid-19 va impacter négativement le coût du vieillissement de la population pour les finances publiques. C'est ce qui ressort, sans grande surprise, du rapport 2020 du Comité d'étude sur le vieillissement (CEV), présenté ce jeudi matin.

"Les dépenses sociales passent de 24,8% du PIB à 29,8% du PIB en 2040", résume le CEV. Plus de la moitié de cette augmentation se produira entre 2019 et 2025, précise-t-il. Ces quelques années correspondent à l'absorption de la contraction de la production de richesse nationale liée aux mesures de confinement.

"La croissance économique est un point essentiel pour maintenir la soutenabilité de notre modèle social."
Philippe Donnay
Directeur du Bureau du plan et vice-président du Comité d'étude sur le vieillissement

La raison principale invoquée est donc un PIB inférieur aux perspectives d'avant-Covid. Les dépenses publiques liées au vieillissement de la population (pensions et soins de santé), quant à elles, vont continuer à croître jusqu'en 2040. Pour 5,1 points de pourcentage du PIB, précise le CEV.

Vieillissement et baisse de fécondité

Cette tendance liée à la retraite des babyboomers nés dans l'après-guerre est connue depuis longtemps. Rappelons qu'entre 2017 et 2025, le budget annuel des pensions passera de 45,5 à près de 58 milliards d'euros. Vertigineux.

1,7
enfant par femme
Suite à la crise, la fécondité pourrait tomber de 1,88 à 1,7 enfant par femme.

À plus long terme, le CEV prévoit une augmentation du coût budgétaire du vieillissement à 4,3 points de PIB sur la période 2019-2070, ce qui est supérieur de 2,2 points aux perspectives d'avant-Covid. La chute du PIB en est la principale responsable.

À partir de 2025, il faudra cependant tenir compte d'un autre facteur: "la révision à la baisse de l'hypothèse de fécondité dans les perspectives démographiques". Suite à la crise, la fécondité pourrait tomber de 1,88 à 1,7 enfant par femme. Moins de naissances, c'est moins d'actifs donc moins d'emplois et moins de PIB.

Le risque de pauvreté diminue

Les perspectives du CEV affichent, par contre, une diminution du risque de pauvreté des pensionnés à l'horizon 2070. Le montants des allocations devraient, en effet, augmenter plus vite que le seuil de pauvreté durant cette période. Cette évolution trouve également sa cause dans une proportion accrue de femmes sur le marché du travail et dans le relèvement de l'âge légal de la pension de 65 à 67 ans.

Toutes ces perspectives sont naturellement établies à politique constante. Tant Johan Van Gompel que Philippe Donnay, respectivement président et vice-président du CEV ont insisté sur la nécessité de stimuler la croissance potentielle de la Belgique pour limiter les dégâts budgétaires de la crise sanitaire. C'est le principal message qui a d'ailleurs été délivré mercredi au gouvernement qui entame les travaux préparatoires à l'élaboration du plan de relance de la Belgique.

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