Le déficit budgétaire s'approchera des 12 milliards d'euros en 2024

Les informateurs royaux avaient déjà dressé, la semaine passée, un panorama assez sombre des perspectives budgétaires du pays. ©Photo News

Le déficit budgétaire passera à 11,8 milliards d'euros d'ici la fin de la législature, en 2024, selon un nouveau rapport du comité de monitoring.

Le comité de monitoring a préparé ses nouvelles prévisions à long terme. Selon les nouveaux chiffres, le déficit budgétaire sera de 11,8 milliards d'euros en fin de législature, c'est-à-dire en 2024.

Ce n'est pas réellement une surprise. Évidemment, le fait que le gouvernement soit actuellement en affaires courantes fait filer le déficit. Et les deux informateurs royaux ont déjà prévenu les différents partis qu'ils consultent dans l'optique d'arriver à former un gouvernement que les perspectives budgétaires étaient sombres.

Ainsi, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte ont déjà expliqué que: "Dans  un contexte de grande incertitude, la situation économique internationale se dégrade, ce qui accentue encore le défi budgétaire d'ici à 2024." Di Rupo, De Wever, Michel, Beke, Almaci, Crombez, Rutten et leurs acolytes Magnette Francken, Wilmès, Geens, sont prévenus...

Le déficit structurel, qui sert d'indicateur de la "santé" du budget devrait être de 11,38 milliards d'euros en 2024.

Atteindre les objectifs que le gouvernement Michel avait transmis à l'Union européenne semble mission impossible... Cela impliquerait des économies de 8 milliards dans le cadre du budget 2020. Et arriver à l'équilibre budgétaire en 2021 semble bien compromis...

Sophie Wilmès réagit

La ministre du Budget Sophie Wilmès invite à la prudence face à ces chiffres, qui seront validés aujourd'hui. "Ces hypothèses s’élaborent à politique inchangée. Autrement dit, les estimations faites pour 2024 partent du principe qu’aucune nouvelle initiative ne serait prise sous cette législature, ce qui est hautement improbable. Néanmoins, ces projections à long terme nous sont très utiles puisqu’elles permettent de mieux appréhender la réalité budgétaire de notre pays."

Il ne faut pas trop s'inquiéter, alors? "Ces chiffres sont légèrement meilleurs que les projections du Bureau fédéral du Plan, rappelle Sophie Wilmès. Malgré cela, le constat reste le même: notre pays devra faire face, dans les années à venir, à des défis budgétaires importants; en particulier ceux liés au vieillissement de la population. Comme annoncé à plusieurs reprises, les incertitudes économiques ainsi que des nouveaux effets volumes en dépenses sociales expliquent la dégradation de la trajectoire budgétaire. Nous savons d’emblée que les dépenses en pension et en maladie-invalidité afficheront une hausse significative."

Il est donc plus que nécessaire d’avancer dans la formation d’un nouveau gouvernement fédéral afin de ne pas hypothéquer les résultats déjà engrangés mais surtout de faire face aux défis qui s’imposent à nous.
Sophie Wilmès
Ministre du Budget

Elle conclut en réclamant la formation d'un gouvernement fédéral, et elle n'est pas la seule. Le vice-Premier ministre Alexander De Croo constate de son côté: "Les chiffres du comité de monitoring montrent encore une fois que le temps presse pour la formation d'un gouvernement fédéral à part entière."

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