Publicité

Le déficit public réduit de moitié en deux ans

La secrétaire d'Etat au Budget Eva De Bleeker (Open Vld) voudrait résorber le déficit sans attendre. ©BELGA

Le budget file vers un déficit de 21,3 milliards d’euros l’an prochain. C’est ce que montre le nouveau rapport du Comité de monitoring. En 2020, au plus fort de la pandémie, le déficit était deux fois plus élevé.

21,3
milliards d'euros
Le Comité de monitoring anticipe un déficit global de 4,14% du PIB en 2022, soit 21,3 milliards d'euros.

Les fonctionnaires dirigeants des principaux ministères et parastataux ont terminé d’examiner les recettes et dépenses du fédéral, de la sécurité sociale et des entités fédérées. La publication de ce rapport, qui s’appuie sur le budget économique établi par le Bureau du Plan le 9 septembre dernier, marque le coup d’envoi des travaux du gouvernement pour la confection du budget pour 2022.

Cela fait plusieurs semaines que la tension monte entre les socialistes qui ne veulent pas entendre parler d’assainissement et la secrétaire d’État au Budget Eva De Bleeker (Open Vld) qui se dit favorable à une correction rapide.

Au total, ce sont plutôt des bonnes nouvelles qu’annonce le Comité de monitoring, après deux années de déficit abyssal causé par la pandémie. Les bonnes nouvelles budgétaires s’appuient sur une reprise économique soutenue puisqu’on attend 5,7% de croissance du PIB en 2021 et 3% en 2022. À cela s’ajoute la fin annoncée des mesures de soutien à l’économie (chômage temporaire et droit passerelle principalement) qui pèsent lourdement sur les finances publiques.

7,28%
Pour 2021, le Comité de monitoring annonce un déficit de 7,28% du PIB, soit 35,7 milliards d’euros.

Du coup, les prévisions budgétaires sont moins mauvaises qu'avant les vacances d’été. Pour 2021, le Comité de monitoring table sur un déficit global de 7,28% du PIB, soit 35,7 milliards d’euros. C'est 2,1 milliards de mieux que l'estimation de juillet. À politique inchangée, le déficit devrait se tasser à 4,14% en 2022, soit 21,3 milliards d’euros. C’est la moitié du déficit de 2020, l’année où la pandémie a mis le pays à l’arrêt pendant plusieurs mois et qui s’est soldée par un déficit de 42,1 milliards d’euros.

L’endettement devrait quant à lui ralentir de 114,1% du PIB en 2020 à 112,7% en 2022.

Le Comité de monitoring met toutefois en garde contre un excès d’optimisme. De nouveaux variants pourraient apparaître et le taux de vaccination à Bruxelles et en Wallonie est trop bas.

Les objectifs budgétaires pour lesquels la Belgique s’est engagée vis-à-vis de la Commission européenne sont de toute manière déjà atteints.

La reprise de l’inflation constitue un élément d’incertitude. D’abord parce que cela pourrait déboucher sur un resserrement de la politique monétaire. Ensuite parce qu’on annonce un nouveau franchissement de l’indice pivot en juillet prochain, alors qu’initialement il n’était pas question d’indexer les salaires et les allocations en 2022.

Faux sentiment de sécurité

L’amélioration de la situation budgétaire risque surtout de procurer un faux sentiment de sécurité. Ceux qui ne veulent pas entendre parler d’assainissement y trouveront l’argument recherché. Les objectifs budgétaires pour lesquels la Belgique s’est engagée vis-à-vis de la Commission européenne sont de toute manière déjà atteints.

Dans le Programme de stabilité, le gouvernement fédéral avait promis de ramener le déficit structurel (pas global) à 3,22% du PIB l’an prochain. Or d’après le Comité de monitoring, à politique inchangée, le déficit baisserait déjà à 3,04%. Si on prend l’ensemble des pouvoirs publics (fédéral, entités fédérées et sécurité sociale), le déficit doit en principe être ramené à 4,22% du PIB. Or sans intervention, il devrait déjà tomber à 4,06%.

La Belgique, après la mise entre parenthèses des règles budgétaires européennes suite à la pandémie, a opté pour une trajectoire budgétaire peu ambitieuse.

C’est la preuve que la Belgique, après la mise entre parenthèses des règles budgétaires européennes suite à la pandémie, a opté pour une trajectoire budgétaire peu ambitieuse. À la fois pour ne pas miner la reprise de l’économie et pour limiter les tensions idéologiques au sein de la coalition Vivaldi.

Pour l’heure, on ne sait pas encore quelle sera l’ampleur de l’effort budgétaire en 2022. La secrétaire d’Etat au Budget Eva De Bleeker (Open Vld) avait avancé le chiffre de 3 milliards d’euros d’économies à réaliser. Ce qui lui avait valu une volée de bois vert de la part du PS.

Jeudi soir, elle a tenu à enfoncer le clou. "L'opportunité de faire des efforts supplémentaires est particulièrement présente maintenant. Si la forte croissance économique faiblit à nouveau ou si les taux d'intérêt augmentent, ce sera plus difficile", a-t-elle prévenu.

Il s’agit de trouver un "juste équilibre" entre réformes et prudence budgétaire.
Cabinet du Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld)

Deadline mi-octobre

Au cabinet du Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld), on se félicite de l’amélioration des chiffres. On précise qu’il s’agit de trouver un «juste équilibre» entre réformes et prudence budgétaire. Ces dernières semaines, des réunions bilatérales ont déjà eu lieu avec les vice-Premiers, ainsi que des discussions au sein de groupes de travail techniques. Le cabinet du Premier ministre indique par ailleurs que "l’objectif est de soumettre le budget 2022 à la Commission européenne d’ici la mi-octobre".

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés