Le départ volontaire prisé comme alternative au licenciement

La restructuration de Proximus fin 2019 a donné lieu à de nombreux départs volontaires. ©Photo News

Pour l’employeur, la formule du départ volontaire est moins onéreuse et évite d’altérer son image. L’ancien employé, lui, pourra compter sur une indemnité de départ plus importante.

Le fournisseur de services en ressources humaines LHH a fait le calcul : le départ volontaire permet à l’entreprise d’économiser jusqu’à 10.000 euros par travailleur. Et ce même si le travailleur en partance touche une indemnité deux fois plus importante que s’il avait été simplement licencié.

Les départs volontaires sont devenus assez courants en Allemagne. Avant la pandémie, une grande entreprise sur cinq Outre-Rhin envisageait la formule du départ volontaire. Aujourd’hui, elles sont une sur trois.

151.000
départs volontaires
En 2019, on a recensé 151.000 départs volontaires en Belgique, contre 126.500 en 2017.

En Belgique, les chiffres de Statbel indiquent qu’en 2019 - avant le coronavirus - il y avait déjà 20% de départs volontaires en plus qu’en 2017 (151.000 contre 126.500). Depuis lors, les départs volontaires ont continué de progresser au sein d’entreprises obligées de restructurer en raison de la crise sanitaire.

Moins onéreux

En proposant à des collaborateurs une offre intéressante pour quitter l’entreprise, les patrons espèrent éviter au maximum les licenciements forcés. D’après LHH, le coût d’un licenciement collectif est facilement 10% supérieur à celui d’un départ volontaire.

«Un licenciement collectif a un plus lourd impact financier pour les entreprises, qui doivent prendre en charge le plan social obligatoire. Ce n’est pas le cas lors de phases de départs volontaires», explique Filip De Pooter, country manager chez LHH.

10.000
euros
Un licenciement collectif coûte facilement 10.000 euros de plus par travailleur.

Lors d’un licenciement collectif, la facture se chiffre à minimum 10.000 euros de plus par travailleur. En d’autres termes, si vous devez licencier 100 personnes et que 30 d’entre elles optent pour un départ volontaire, l’entreprise économise 300.000 euros.

Pour le travailleur, l’affaire est intéressante également, puisqu’il pourra bénéficier d’une prime de licenciement. Cette prime varie en général entre 140 et 200% de l’indemnité de préavis.

Question d’image

La formule comporte un autre avantage important : elle évite d’altérer l’image de l’employeur. L’employé qui part volontairement s’abstiendra généralement de se répandre en commentaires négatifs au sujet de son ancien employeur.

Enfin, il y a le facteur temps. Les départs volontaires sont plus rapidement clôturés que les licenciements. Or plus le travailleur quitte le payroll rapidement, plus l’entreprise pourra conserver ses liquidités pour faire face à une crise comme celle du Covid-19 par exemple.

Pas droit au chômage

Le revers de la médaille, c’est que le départ volontaire ne donne en principe pas droit au chômage, puisque le contrat de travail est résilié d’un commun accord.

«Le système de départ volontaire assorti de primes intéressantes est surtout en vogue chez les travailleurs qui sont sûrs de retrouver un emploi, soit des profils hautement qualifiés ou des professions en pénurie», reconnait Filip De Pooter. «Il l’est aussi pour toute personne désireuse de relever un nouveau défi comme embrasser une carrière d’indépendant par exemple. Ce sont des situations que nous voyons régulièrement», précise-t-il.

"Le système de départ volontaire est surtout en vogue chez les travailleurs qui sont sûrs de retrouver un emploi."
Filip De Pooter
LHH

Pour autant, les syndicats ne sont pas toujours hostiles à ce type d’accord, au contraire même. «Lorsqu’il faut restructurer, les syndicats sollicitent parfois un tel arrangement avec l’employeur, car c’est moins douloureux et moins émotionnel», souligne Filip De Pooter.

Dans ce dernier cas de figure, le départ volontaire fait partie d'un plan de licenciement collectif. On se souvient que lors de la restructuration de Proximus fin 2019, le succès de la formule était tel qu’il y avait davantage de demandes de départ volontaire que de places éligibles.

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