Le double droit passerelle soumis à des conditions strictes

"Il est nécessaire de continuer à soutenir nos indépendants en veillant aux spécificités de leurs situations respectives", a expliqué le ministre des PME et des indépendants David Clarinval. ©JONAS LAMPENS

Les commerces non essentiels qui demandent le double droit passerelle devront prouver l'impossibilité d'accueillir les clients sur rendez-vous.

Le ministre des PME et indépendants David Clarinval (MR) a précisé, ce mardi dans un communiqué, les conditions qu’il faut remplir pour pouvoir prétendre, en tant que commerce non essentiel, au double droit passerelle.

L’entreprise doit fournir les preuves justifiant l’impossibilité d’ouvrir sur rendez-vous à sa caisse d'assurance sociale.

"Ceux qui doivent fermer recevront le double droit passerelle de crise, ceux qui peuvent rester ouverts sur rendez-vous et qui ont une perte de chiffres d’affaires d’au moins 40%, auront le droit passerelle simple. Si, toutefois, il s'avère impossible d'ouvrir sur rendez-vous, les commerces peuvent fermer et continuer à bénéficier du double droit passerelle de crise."

Ce double droit passerelle serait accordé pour les mois de mars et avril 2021. Pour y accéder, l’entreprise doit fournir les preuves justifiant l’impossibilité d’ouvrir sur rendez-vous à sa caisse d'assurance sociale.

"Il est nécessaire de continuer à soutenir nos indépendants en veillant aux spécificités de leurs situations respectives. (…) Ces travailleurs indépendants qui subissent de plein fouet les conséquences de cette crise sanitaire doivent être épaulés jusqu’au bout", indique le ministre.

-40%
Pour prétendre au droit passerelle simple, il faut attester d'une perte de chiffres d’affaires d’au moins 40%.

Rétropédalage

Cette mise au point tranche avec l’annonce faite immédiatement après le Comité de concertation (Codeco) de mercredi dernier qui laissait entendre que le double droit passerelle serait maintenu pour tous les commerces non essentiels, y compris ceux qui sont ouverts sur rendez-vous ou proposent le click & collect. C’est ce dispositif qui prévalait lors du deuxième confinement en novembre dernier. Cette fois-ci, il semble que le ministre des PME n’ait pas été suivi par ses partenaires de coalition.

"Ouvrir sur rendez-vous ne représente pour beaucoup de commerçants qu’à peine 15% du chiffre d’affaires normal."
Syndicat neutre des indépendants

Du côté des classes moyennes, on encaisse difficilement ce qui s’apparente à un rétropédalage. Ainsi, le Syndicat neutre des indépendants (SNI) se dit "consterné" et "en colère". "C’est totalement inacceptable. C’est une gifle au visage de tous ces indépendants. C’est une rupture de confiance. Le gouvernement doit absolument assumer ses choix politiques de fermer."

"Pis aller"

Pour le SNI, la possibilité offerte aux commerces de travailler sur rendez-vous doit être considéré comme un simple "pis-aller" au même titre que le take-away pour l’horeca. "Ouvrir sur rendez-vous ne représente pour beaucoup de commerçants qu’à peine 15% du chiffre d’affaires normal. (...) Cela ne peut en rien justifier le non-octroi du double droit passerelle."

L’horeca, qui reste fermé jusqu’à nouvel ordre, bénéficie du double droit passerelle, ce qui n’empêche pas les établissements de pouvoir proposer des produits à emporter. Quant aux métiers de contact (coiffeurs, salons de beauté, etc.), ils ont été contraints de fermer leurs portes et reçoivent le double droit passerelle.

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