La Belgique n'a plus de temps à perdre, estime le FMI

Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI, a rencontré la Première ministre belge Sophie Wilmès .

Le Fonds monétaire international prévient qu'une incertitude politique prolongée pourrait miner la confiance et l'activité économique.

Le Fonds monétaire international (FMI) demande à la Belgique d'assainir ses finances publiques afin de retrouver l'équilibre budgétaire en 2024. Pour y arriver, il faudrait produire un effort budgétaire d'environ 0,5% du PIB chaque année. Cette recommandation a été formulée dans le cadre de la visite annuelle du FMI en Belgique. Durant cette mission de consultation qui dure une quinzaine de jours, la délégation du FMI a notamment rencontré les membres du gouvernement, les syndicats, les fédérations patronales et les institutions bancaires.

Jusqu'ici, l'économie belge avait pourtant relativement bien traversé les turbulences politiques. La croissance a atteint 1,4% du PIB en 2019, soit un niveau supérieur à la moyenne de la zone euro. Compte tenu de la dégradation du contexte international, le FMI annonce 1,2% de croissance en 2020 et 2021, puis une stabilisation à 1,3% à moyen terme.

Cette résilience pourrait toutefois ne plus durer. À ce sujet, Delia Velculescu, la directrice de la mission du FMI, met en garde: "Une incertitude politique prolongée pourrait finir par peser sur la confiance et sur l'activité."

"Une incertitude politique prolongée pourrait finir par peser sur la confiance et sur l'activité."
Delia Velculescu
chef de mission du FMI

"Les finances publiques se sont fortement détériorées", constate encore le FMI. À politique inchangée, le déficit budgétaire atteindra 2,25% cette année après 1,7% en 2019. Sachant que des mesures d'assainissement vont inévitablement peser sur la croissance, le FMI se montre moins pressant que la Commission européenne qui, elle, plaide pour un retour à l'équilibre en 2023. Encore faut-il pour cela disposer d'un gouvernement de plein exercice... 

Pour le FMI, il est temps de siffler la fin de la récréation. "À court terme, les autorités en affaires courantes devraient renforcer le contrôle des dépenses et résister aux pressions qui aggraveraient davantage le déficit", peut-on lire dans le rapport. Autrement dit, le gouvernement d'affaires courantes ferait bien de s'atteler à la confection d'un budget pour 2020.

Il est également essentiel, selon le FMI, de maintenir la discipline budgétaire au niveau sous-national. Une façon subtile de taper sur les doigts des Régions qui ont toutes laissé filer leur budget et reporté le retour à l'équilibre à 2024.

Quant à la façon de corriger le tir budgétaire, c'est sur les dépenses qu'il faudra opérer, et non par le biais de nouveaux prélèvements, compte tenu de la pression fiscale déjà très élevée.

Pensions et soins de santé

L'institution multilatérale épingle par ailleurs un certain nombre de faiblesses structurelles de l'économie belge nécessitant des réformes. Parmi celles-ci, l'impact du vieillissement sur les dépenses de pension et de soins de santé. Le FMI demande de "renforcer le contrôle de l'ensemble des coûts" relatifs aux soins de santé et de "revoir le rythme de relèvement de l'âge effectif de la retraite, en le liant aux gains d'espérance de vie".

Autres points à revoir: le régime des voitures de société et le coût de la fonction publique, avec ses "duplications de fonctions dans l'administration".

Enfin, la productivité belge accuse une baisse depuis quelque temps. Parmi les solutions proposées: la réduction de la charge administrative pour les start-ups et des obstacles réglementaires à la concurrence dans les services professionnels, dans le commerce de détail et dans la distribution. De telles réformes contribueraient à stimuler les investissements et la croissance.

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