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Le gaz et l'électricité font chauffer l'inflation

Si le prix du gaz flambe, c'est notamment parce que la Russie a fortement réduit son transit de gaz via l’Ukraine, peut-être pour rappeler l’importance de l’achèvement de Nord Stream 2. ©REUTERS

L’inflation se montre à 2, 73% en août. Résultat: les allocations sociales et les pensions seront indexées en septembre, les salaires du secteur public en octobre.

L’augmentation du coût de la vie s’accélère. L’inflation en Belgique est passée de 2,27% en juillet à 2,73% en août, selon les derniers chiffres du SPF Économie. Un niveau que l’on n’avait plus connu depuis novembre 2018.

Cette hausse de l’inflation est principalement due à l’augmentation des prix de l’énergie à l'international, et particulièrement du gaz et de l’électricité, qui sont supérieurs aux niveaux de fin 2018. L’électricité atteint même un prix jamais observé auparavant.

Résultat: l’indice-pivot pour les allocations sociales et la fonction publique est dépassé. Les allocations sociales et les pensions seront indexées de 2% en septembre et les salaires du secteur public de 2% en octobre. À terme, l’ensemble des salaires vont suivre.

Tout dépendra des voisins

Est-ce grave? Tout dépendra de ce qui se passe dans les pays voisins. "Le dépassement de l’indice-pivot était attendu en octobre, il arrive en août, avec deux mois d’avance. Ce n’est pas une cause de grande panique", réagit Philippe Ledent, senior economist chez ING Belgium. La question est de savoir si cela va détériorer la compétitivité de notre économie. "L’augmentation automatique des salaires ne commence à poser problème que si les autres pays pratiquent la modération salariale, poursuit Philippe Ledent. Avant l’été, un premier accord salarial allant dans ce sens a été signé entre IG Metall et le patronat allemand. Il faut voir si la tendance va se confirmer."

"L'augmentation automatique des salaires ne commence à poser problème que si les autres pays pratiquent la modération salariale."
Philippe Ledent
Senior economist chez ING Belgium

Autre point d’interrogation: cette forte hausse de l’inflation est-elle amenée à perdurer? Philippe Ledent n’y croit guère. "L’inflation, c’est la croissance des prix sur un an. Il faudrait encore une forte croissance des prix de l’énergie dans les prochains mois pour continuer à alimenter l’inflation. Or l’économie mondiale connait déjà une phase de moindre accélération, avec des taux de croissance qui reviennent vers la normale."

Des prix durablement élevés

La reprise de l’économie mondiale a créé, ces derniers mois, des goulots d’étranglement qui ont eu des répercussions sur le prix de la plupart des matières premières, dont l’énergie. "Sur le gaz, on est sur des chiffres assez fous par rapport aux moyennes historiques, souligne Alexandre Viviers, senior manager chez le consultant spécialisé en énergie Sia Partners. Il y a des causes structurelles, comme la reprise économique, mais aussi des aspects plus ponctuels, comme une plus faible production des renouvelables qu’il a fallu compenser en faisant tourner des centrales au gaz, la météo, des infrastructures en maintenance et la Russie qui a fortement réduit son transit de gaz via l’Ukraine, peut-être pour rappeler l’importance de l’achèvement de Nord Stream 2. On devrait donc s'attendre encore des prix à un niveau élevé durant quelques mois, mais plus une hausse aussi forte que celle de ces derniers mois", poursuit Alexandre Viviers. Une tendance que devraient, selon lui, aussi connaître les prix de l’électricité – même si eux sont non seulement touchés par la hausse du coût du gaz, mais aussi par celle du prix de la tonne de CO2.

"On devrait encore avoir des prix de l'énergie à un niveau élevé durant quelques mois, mais plus une hausse aussi forte."
Alexandre Viviers
Senior manager chez Sia Partners

Par contre, l’inflation pourrait encore être alimentée par la hausse de prix d’une série de matières premières. "Beaucoup d’entreprises disent que leur coût d’approvisionnement a fortement augmenté, mais qu’elles ne l’ont pas encore répercuté sur les prix à la consommation, avertit Philippe Ledent. C’est un phénomène qui pourrait maintenir une certaine inflation dans les prochains mois. Sans compter qu’on pourrait aussi avoir une dynamique de second tour suite à l’augmentation des salaires à laquelle les entreprises vont devoir faire face."

Le résumé

  • L’inflation en Belgique est passée de 2,27% en juillet à 2,73% en août.
  • Résultat: l'indice-pivot pour les allocations sociales et la fonction publique est dépassé.
  • Cela va-t-il détériorer la compétitivité de notre économie? Tout dépend si les pays voisins pratiquent ou non la modération salariale.

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