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Le pic de la reprise est peut-être déjà derrière nous

Des tensions demeurent au niveau de l'offre en raison des problèmes d'approvisionnement (ici l'usine Volvo à Gand). ©Photo News

Le PIB a bondi de 1,8% au troisième trimestre, mais les pénuries de matières premières et de main d'oeuvre ainsi que l'inflation pourraient peser sur le quatrième trimestre.

Le Produit intérieur brut (PIB) de la Belgique a progressé de 1,8% au troisième trimestre 2021 par rapport au trimestre précédent. Il s’agit d’une nouvelle accélération par rapport au deuxième trimestre où le PIB s’était accru de 1,7%. C’est ce que montre une première estimation de la Banque nationale de Belgique (BNB).

À un an d’écart, c’est-à-dire par rapport au troisième trimestre 2020, cela donne une croissance de 4,7%. "Pour la première fois depuis le début de la crise du Covid-19, l’activité économique a retrouvé son niveau d’avant la crise et l’a dépassé", se félicite la BNB.

La valeur ajoutée a bien progressé dans les services (+2,3%), là où les questions d’approvisionnement interviennent beaucoup moins.

Incertitude plus grande que d'habitude

Cette première estimation était très attendue dans la mesure où le chiffre belge est généralement précurseur de la tendance qui se dessine pour la zone euro. La BNB précise cependant que ces chiffres de croissance sont empreints d’une "incertitude plus grande que ce n’est habituellement le cas", étant donné qu’il manque encore pas mal de données administratives pour le mois de septembre.

L'industrie souffre

Au niveau sectoriel, on observe paradoxalement une baisse de la valeur ajoutée dans l’industrie (-0,1%) et dans la construction (-0,5%) par rapport au trimestre précédent. Ce constat est à mettre en rapport avec les pénuries en composants et matières premières. En revanche, la valeur ajoutée a bien progressé dans les services (+2,3%), là où les questions d’approvisionnement interviennent beaucoup moins.

"Nous pensons que l’économie est déjà en train de ralentir."
Geert Langenus
Économiste à la Banque nationale

Malgré ces tensions palpables au niveau de l’offre, la Belgique n’est pas encore trop mal lotie de ce point de vue-là, estime Geert Langenus, économiste à la Banque nationale: "L’apport de l’industrie dans l’ensemble de l’économie belge est moins important comparé à l’Allemagne par exemple. De plus, notre industrie est fort spécialisée dans la chimie et la pharmacie, des secteurs où les difficultés d’approvisionnement sont moins importantes que dans l’assemblage automobile par exemple."

Le pic de la reprise déjà passé ?

Ceci étant, le quatrième trimestre ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. "Nous pensons que l’économie est déjà en train de ralentir", affirme Geert Langenus. "Les indicateurs de confiance demeurent certes élevés mais ils se sont quelque peu tassés depuis le pic de l’été. Outre les pénuries qui handicapent l’industrie, il faut tenir compte des tensions sur le marché du travail et de l’inflation élevée. Tous ces éléments devraient donner un coup de frein au quatrième trimestre", prédit-il.

"L’économie belge est sortie du trou plus rapidement que prévu."
Geert Langenus
Économiste à la Banque nationale

Sur l’ensemble de l’année, la Banque nationale table toujours sur une croissance de "6% voire un peu plus", selon Geert Langenus. Au printemps dernier, la prévision de la Banque était plutôt de l’ordre de 5,5% pour 2021. "Cela montre que l’économie belge est sortie du trou plus rapidement que prévu. Dans un premier temps, nous pensions récupérer le niveau de PIB d’avant la crise vers la fin de l’année. Nous sommes en avance sur l'échéancier, surtout grâce à un deuxième trimestre meilleur que prévu."

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