Le plan pour rendre les actions plus populaires fait un flop

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L’an dernier, les Belges ont vendu des actions à hauteur de 3,4 milliards d’euros et ont logé ces liquidités sur leur livret d’épargne.

Le gouvernement fédéral n’a pas réussi à canaliser les milliards d’euros dormant sur les livrets d’épargne vers les actions. C’est précisément l’inverse qui s’est produit, comme le montrent les chiffres de la Banque nationale de Belgique (BNB). En 2018, les ménages belges ont vendu pour 919 millions d’euros d’actions cotées en Bourse et pour 2,5 milliards d’actions non cotées. Dans le même temps, ils ont garni leurs livrets d’épargne de 10 milliards d’euros supplémentaires.

Dans le cadre de l’accord (budgétaire) de l’été, le gouvernement avait lancé au début de 2018 quelques mesures fiscales destinées à stimuler les placements en actions. Il espérait par là encourager les investissements dans l’économie réelle et la création d’emplois.

10 milliards €
En 2018, les épargnants ont garni leurs livrets d’épargne de 10 milliards d’euros supplémentaires.

Gâterie fiscale

L’exonération fiscale des intérêts sur les livrets d’épargne réglementés a été divisée par deux et ramenée ainsi à 960 euros. Le gouvernement avait également introduit une petite gâterie fiscale pour les dividendes: désormais, les investisseurs peuvent récupérer le précompte mobilier sur les dividendes jusqu’à un montant de 640 euros. Il en résulte donc un avantage net de 192 euros (30% de 640 euros). Cette exonération fiscale bénéficiant aux dividendes élargit en fait un régime qui n’existait que pour les parts de coopérateurs, comme celles de Cera.

Malgré ces mesures, de nombreux Belges continuent donc à préférer le livret d’épargne aux actions. Plusieurs explications peuvent être avancées. En premier lieu, rappelons que 2018 a été une année particulièrement agitée sur les marchés d’actions. Au quatrième trimestre de l’an dernier, les Bourses ont enregistré de lourdes pertes partout dans le monde. Par ailleurs, de nombreux investisseurs n’ont toujours pas oublié la dégringolade des cours des actions durant la crise financière de 2008. Lorsqu’ils recherchent un placement alternatif au livret d’épargne, ils se tournent donc plutôt vers les fonds d’investissement.

Et puis, pour profiter du nouveau régime fiscal favorable introduit pour les dividendes, les démarches administratives sont tout sauf simples. Les contribuables doivent récupérer le précompte mobilier payé en 2018 par le biais de leur déclaration à l’impôt des personnes physiques. La plupart du temps, ils doivent réunir eux-mêmes tous les documents nécessaires parce que les banques n’ont généralement pas prévu de transmettre à leurs clients une attestation relative aux dividendes encaissés.

Compte d’attente

De nombreux Belges utilisent leur livret d’épargne comme un compte d’attente. Ils y déposent le cash des bons de caisse et des obligations arrivés à échéance en attendant une remontée des taux d’intérêt. Les livrets d’épargne continuent également à profiter de leurs atouts, en termes de sécurité, de fiscalité favorable et de disponibilité immédiate. Comme la plupart des banques ne rémunèrent les livrets qu’à hauteur de 0,11%, les épargnants bénéficient de l’exonération du précompte mobilier sur les intérêts jusqu’à un montant en capital de près d’un million d’euros.

En 2019, l’exonération fiscale des dividendes passe de 640 à 800 euros, et donc l’avantage net de 192 à 240 euros. Reste à voir si le redressement récent des cours de Bourse réveillera l’appétit des Belges pour les actions.

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