Le salaire minimum, autre sujet délicat des négociations

La FGTB a mené, samedi, une action pour revendiquer un salaire minimum européen de 14 euros brut de l'heure, alors que le salaire minimum horaire belge s'élève à 9,87 euros. ©BELGA

Les partenaires sociaux vont reprendre les discussions cette semaine, notamment autour du salaire minimum. Un débat qui s'annonce complexe.

Alors que la question de la marge salariale est désormais dans les mains du gouvernement, les partenaires sociaux vont reprendre les discussions cette semaine, avec notamment à l'agenda le salaire minimum.

La FGTB menait justement, samedi, place du Luxembourg à Bruxelles, une action avec le syndicat néerlandais FNV pour revendiquer un salaire minimum européen de 14 euros bruts de l’heure, alors que le salaire minimum horaire belge s’élève aujourd’hui à 9,87 euros bruts. La revalorisation du salaire minimum constitue un enjeu important pour les trois organisations syndicales. Et une note de l’Institut pour un développement durable, publiée ce lundi par l’économiste Philippe Defeyt, apporte de l’eau à leur moulin.

5%
Entre 2010 et 2020, le salaire minimum a décroché de 5% par rapport au salaire horaire moyen, selon l'Institut pour un développement durable

Cette note précise qu’entre 2010 et 2020, le salaire minimum a décroché de 5% par rapport au salaire horaire moyen et elle souligne que l’écart entre les bas salaires et les salaires plus élevés est sous-estimé, car à mesure que l’on monte dans l’échelle des revenus, d’autres formes de rémunération comme les titres-repas, une voiture de société ou une assurance hospitalisation viennent s’ajouter au salaire.

Quel salaire minimum?

Première difficulté: s’accorder sur ce dont on discute. En Belgique, quand on parle de salaire minimum, il s’agit en général du revenu minimum mensuel moyen garanti (RMMMG) calculé sur base du revenu annuel total, un revenu minimum qui est de 1.625 euros pour un salarié âgé d’au moins 18 ans sans ancienneté. "Dans les faits, peu de travailleurs sont à ce niveau de revenus, parce que les conventions collectives sectorielles ou d’autres accords salariaux prévoient des salaires minimums plus élevés, ou parce que d’autres formes de rémunération, par exemple une prime de fin d’année, sont prévues, qui permettent au total d’aller au-delà de ce seuil", explique Philippe Defeyt.

"Pour améliorer le système, il faudrait transformer le bonus fiscal et les réductions fiscales pour enfants à charge en crédits d’impôt intégralement et immédiatement remboursables."
Philippe Defeyt
Economiste

Sa proposition? Transformer le RMMMG actuel en salaire mensuel minimum, auquel on ajouterait le 13e mois et le double pécule de vacances, ce qui offrirait aux plus bas salaires une augmentation de 16,25%.

Autre grosse difficulté: pour un travailleur à temps plein isolé, une augmentation du salaire brut subit à la marge des prélèvements obligatoires de l’ordre de 70%. "Pour améliorer le système, il faudrait transformer le bonus fiscal et les réductions fiscales pour enfants à charge en crédits d’impôt intégralement et immédiatement remboursables", estime Philippe Defeyt. Une réforme qui est du ressort du gouvernement, pas des partenaires sociaux.

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