Le sauvetage des banques a rapporté 1,1 milliard à l'Etat

L'ancien siège de Fortis ©Thierry du Bois

Pour la première fois depuis 2009, l'Etat est rentré dans ses frais concernant le sauvetage des banques.

Pour la première fois depuis 2009, le total de ce que l’Etat a récupéré davantage que ce qu’il a injecté dans le sauvetage des banques. C’est ce qu’on peut lire dans le 175ème cahier de la Cour des Comptes.

Les flux de caisse sortants se sont stabilisés par rapport à l’exercice précédent, l’Etat n’ayant plus déboursé que 2,7 millions d’euros. Par contre, les flux entrants ont augmenté de manière significative, pour un total de 1,153 milliard d’euros. Résultat: au 30 juin 2018, l’Etat avait déboursé depuis le début de la crise financière un total de 27,392 milliards d’euros pour venir en aide aux banques en difficultés. Sur la même période, il a récupéré 28,509 milliards d’euros. Ce qui donne une rentrée nette de 1,1 milliard d’euros pour l’Etat.

Après la chute de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, les autorités belges avaient dû intervenir pour sauver plusieurs institutions financières: Fortis, KBC, Dexia et l’assureur Ethias. Sur les dix dernières années, cela a coûté très cher en prise de participations, en prêts à des institutions financières et en garanties apportées. Mais cela a aussi rapporté de l’argent à l’Etat et aux Régions sous forme de gains en capital et de dividendes notamment.

Au niveau des participations, l’Etat a mis jusqu’ici 18,5 milliards d’euros sur la table. Pour les prêts, le compteur affiche 8,7 milliards tandis que les garanties ont coûté nettement moins cher (64,2 millions d’euros).

Pendant ce temps, les pouvoirs publics ont vendu des participations pour 5,9 milliards d’euros, dont 5,2 milliards rien que pour BNP Paribas Fortis. Le solde de 735 millions d’euros est le produit de la diminution des fonds propres chez Royal Park Investments (la "bad bank" de Fortis).

L’Etat a aussi récolté pour 3,3 milliards d’euros de dividendes, dont 2,3 milliards rien que pour BBNP Paribas Fortis. Enfin, il a récupéré pour 9,7 milliards d’euros de prêts dont 4,6 milliards de Royal Park Investment et 3,5 milliards de KBC.

Méthodologies différentes

A noter que les chiffres de la Cour des Comptes sont différents de ceux présentés dans "L’Echo" par l’économiste Eric Dor (L’Echo du 8 septembre 2018). Celui-ci faisait état d’un coût désormais estimé à 450 millions d’euros depuis 2008 (pour l’Etat fédéral). Mais la facture ne cesse de diminuer année après année. Et l’Etat pourrait se retrouver gagnant en cas d’entrée en Bourse de Belfius.

Mais au final, la conclusion est la même : l’Etat rentre globalement dans ses frais après dix ans de crise. Evidemment, ces chiffres ne tiennent pas compte des pertes très importantes subies par les actionnaires des banques. Tout comme elles ne prennent pas en compte les pertes économiques (baisse de la croissance, hausse du chômage…) engendrées par la crise.

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