analyse

Le shopping retrouve des couleurs au centre-ville de Charleroi

Le centre commercial Rive Gauche au boulevard Tirou de Charleroi. ©Photo News

À l’instar de Liège ou Namur, Charleroi jouit aujourd’hui d’une attractivité commerciale à l’échelle régionale.

Le retour du shopping dans les centres-villes? À entendre Jean-Luc Calonger, le directeur de l’association du management de centre-ville (AMCV), qui travaille depuis 20 ans sur la gestion des centres-villes en Wallonie, la longue agonie commerciale du cœur des villes de Wallonie semble se stopper.

"C’est la première fois en 20 ans que nous rajoutons des rues dans les zones commerciales des centres-villes."
Jean-Luc Calonger
Directeur de l’AMCV

Certes, tout n’est pas encore rose et certains pôles urbains, comme Verviers ou Mons, continuent de souffrir de la concurrence des centres commerciaux situés en périphérie des villes, mais la dynamique est lancée. "Les centres commerciaux de périphérie ne vont certainement pas disparaître mais il y a un changement de perspective. Aujourd’hui, on peut clairement affirmer que les centres-villes sont passés à l’offensive. C’est même la première fois en 20 ans que nous rajoutons des rues dans les zones commerciales des centres-villes, se réjouit-il en pointant également l’effet du commerce digital. De nouveaux venus venant du digital s’installent dans des magasins physiques. Ils ne s’engagent peut-être pas pour un bail de 9 ans mais ils participent à toute cette dynamique."

Le cas de Charleroi "qui se repositionne comme cœur de ville et entité commerciale", et la dynamique insufflée par l’arrivée du centre commercial Rive Gauche en plein cœur de la ville basse, est ainsi mis en avant. "La rue de Marcinelle est redevenue une rue commerçante en se spécialisant dans des commerces de niche et en se donnant une identité forte. Cette rue n’était plus une rue commerciale depuis 25 ans", pointe Jean-Luc Calonger qui voit derrière cette mutation le résultat d’une stratégie globale de développement urbain et commercial, étudiée et cohérente.

6 locomotives régionales

©Mediafin

À l’instar de Charleroi, la Wallonie dispose ainsi aujourd’hui de 6 locomotives régionales, pointe l’étude de l’AMCV qui repose sur un relevé commercial dans 31 centres-villes wallons.

Cette compilation de chiffres (puisés sur base du nombre de cellules commerciales dans les villes, sur le pourcentage de bâtiments à vocation commerciale, sur le taux de cellules vides ou encore sur le pourcentage de commerces spécialisés en achats "plaisir" comme de l’équipement de la personne et de la maison) permet au final de mesurer l’attractivité régionale des villes wallonnes.

En voici le constat. "Seuls les centres-villes de Liège, Namur, Waterloo, Louvain-la-Neuve, Charleroi et Wavre peuvent se targuer de jouir d’une attractivité régionale élevée voire très élevée", conclut l’étude qui compare le pouvoir d’attractivité de ces 6 villes à celui des centres commerciaux situés dans la périphérie des villes.

Le cas de Charleroi est particulièrement mis en exergue par l’étude qui constate une scission physique dans le cœur de la ville. "On ne peut plus considérer le centre-ville de Charleroi comme une entité homogène. Il y a une rupture entre là-bas et le haut de la ville. Ce sont aujourd’hui deux zones sans lien. On peut ainsi dire qu’il y a deux centres-villes à Charleroi." Cette modification structurelle, provoquée par la désertification de la rue de la Montagne qui relie les deux zones, ne semble pas pour autant freiner l’attractivité de Charleroi sur des zones comme La Louvière, où une majorité des habitants n’hésitent plus à se déplacer jusqu’à la métropole carolorégienne pour faire leurs courses.

Derrière ce peloton de tête suivent des villes comme Mons, Tournai, Verviers, Malmédy ou La Louvière. "Ces centres-villes disposent d’une attractivité relativement modérée, limitée à leur zone d’influence directe." La principale raison qui explique ce handicap s’explique par la présence d’importants pôles commerciaux en périphérie. "Alors qu’avec leur taille, ces villes pourraient revendiquer une position plus élevée, leur taux de cellules vides élevé, leur vocation commerciale et/ou leur vocation ‘achat et plaisir’ faible les en empêchent."

Finalement, en fin de course arrivent des localités comme Dour, Tamines, Châtelet ou Auvelais dont le pouvoir d’attractivité au-delà de leur public limitrophe, est très faible.

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